162 500 $ l’hectare!

En 2007, Jean-Martin Fortier avait fait un passage remarqué devant la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois, déclarant qu’il tirait des revenus de 40 000 $ par acre et que son modèle d’agriculture lui permettrait d’atteindre 50 000 $ par acre. Sept ans plus tard, il a largement dépassé cette marque.

« Depuis ce temps, ma production a augmenté d’au moins 30 % sur la même superficie. Mon chiffre d’affaires atteint 130 000 $ et il pourrait encore augmenter l’an prochain », affirme Jean-Martin Fortier. Ses légumes biologiques couvrent 0,8 hectare (1,5 acre). Son revenu brut à l’hectare serait donc de 162 500 $. On est loin des seuils de revenus des grandes cultures !

Jean-Martin Fortier. PHOTO : André Dumont

Jean-Martin Fortier. PHOTO : André Dumont

Installés à Saint-Armand, dans les Canton-de-l’Est, les Jardins de la Grelinette et leurs propriétaires, Jean-Martin Fortier et Maude-Hélène Desroches, alimentent en légumes biologiques quelque 120 familles avec leurs paniers selon la formule d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC). Un volume équivalent de légumes est écoulé une fois par semaine dans les marchés publics de Saint-Lambert et de Lac-Brome.

« Chaque année, on arrive à optimiser nos pratiques, sans jamais cultiver sur plus grand, affirme notre agriculteur de 36 ans. Au lieu d’épuiser notre sol, on l’améliore en le perturbant au minimum. On lui ajoute de la matière organique et on le soumet à une rotation de cultures sur dix ans. »

Les pratiques qu’il a mises au point sont détaillées dans Le jardinier-maraîcher – Manuel d’agriculture biologique sur petite surface, publié chez Écosociété. Le livre s’est vendu à plus de 16 000 exemplaires, dont 4000 en France.

Ce livre présente son modèle d’affaires et les bonnes pratiques agronomiques mises au point pour chacun des 40 principaux légumes qu’il cultive. L’attrait du livre, selon lui, est de présenter un modèle d’agriculture qui tient la route et qui est très inspirant pour ceux qui songent à démarrer en production de légumes biologiques.

« On peut commencer avec peu de capital, s’acheter des équipements manuels, apprendre le métier et bâtir sa clientèle », dit-il.

Sa conjointe et lui ont acheté un lot de quatre hectares partiellement boisé. D’un ancien clapier, ils ont fait leur demeure et un entrepôt. Puis, ils se sont mis à cultiver en trouvant les meilleurs outils manuels qui soient, quitte à les faire venir de l’étranger.

La grelinette, par exemple, est une large fourche qui sert à ameublir la terre. Ils utilisent aussi des semoirs spécialisés et des outils comme une récolteuse à mesclun activée par une visseuse électrique.

Au fil des ans, la culture de chaque légume a été perfectionnée. La rentabilité a été mesurée pour chacun. « Je sais qu’une planche de 30 mètres de laitue peut donner 500 $ en 40 jours, tandis qu’en brocoli, elle me donnera 400 $ en 95 jours, dit Jean-Martin Fortier. Tout cela est présenté dans mon livre. C’est assez nouveau de parler d’agriculture biologique comme ça. »

La rentabilité de la ferme n’est possible qu’en vendant directement aux consommateurs par les paniers de légumes biologiques et dans les marchés publics. « On ne fait pas de petites marges sur de gros volumes, dit-il. Pour chaque vente, on récupère tout le montant qui irait à des intermédiaires. Sans l’agriculture de proximité, nous ne serions pas en affaires. »

Lisez l’article au complet dans Le Bulletin des agriculteurs d’octobre 2014

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