81% de la population en faveur d’une agriculture sans pesticides ni engrais chimiques

Montréal (Québec), 28 janvier 2002 – Équiterre dévoile les résultats d’un sondage Équiterre-CROP effectué entre le 15 et le 25 novembre 2001 auprès de 1001 Québécois et Québécoises. L’objectif du sondage était d’évaluer la connaissance du public sur l’agriculture biologique. Ce sondage permet aussi de comprendre les motivations des consommateurs face aux produits certifiés biologiques et la perception du rôle de l’État dans le développement d’une agriculture saine et durable.

Les transformations du secteur agro-alimentaire, des méga-porcheries aux organismes génétiquement modifiés (OGM) en passant par la « vache folle » et Walkerton, soulèvent de plus en plus de questions et inquiètent la population.

Encore peu connue du grand public, l’agriculture biologique est tout de même déjà perçue comme une composante essentielle de la solution aux problèmes posés par l’agriculture industrielle et chimique. L’agriculture biologique repose sur la protection des ressources naturelles et sur le respect du rythme de croissance naturel des plantes et des animaux. Les agriculteurs et agricultrices biologiques n’utilisent ni engrais, ni pesticides, ni additifs chimiques de synthèse. Ils s’abstiennent également d’utiliser des organismes génétiquement modifiés.

« Un grand travail de sensibilisation est toutefois nécessaire pour que les gens comprennent bien ce qu’est l’agriculture biologique », estime Elizabeth Hunter, coordonnatrice de projets à Équiterre. «Le sondage confirme que plusieurs personnes confondent l’agriculture biologique avec la biotechnologie ou l’utilisation de produits chimiques ».

Le public veut une agriculture sans pesticides ni engrais chimiques… et veut que le gouvernement du Québec la soutienne. En effet, 81% des répondants étaient en accord avec l’idée que le gouvernement du Québec donne un soutien financier pour aider les fermes à cesser d’utiliser des engrais et des pesticides chimiques. Seuls 15% des répondants étaient en désaccord et 4% ne savaient pas.

En ce qui concerne la certification biologique, essentielle pour s’assurer que les fermes et entreprises suivent les règles de production bio, le public appuie également un financement de l’État 64% des répondants étaient d’accord pour que la certification des produits biologiques soit faite par un organisme indépendant et soit financée par l’État.

Équiterre considère que le gouvernement québécois doit renforcer le système de certification et aider les fermes à faire la transition vers une production biologique. Au Québec, la demande pour les aliments biologiques augmente de 25% par année, mais moins de 1% des terres agricoles sont actuellement en production biologique et seulement 700 fermes sont certifiées biologiques. Équiterre propose d’augmenter ce nombre à 3000 fermes biologiques d’ici l’an 2007. « C’est un objectif ambitieux mais tout à fait raisonnable, si l’aide nécessaire est fournie au secteur bio» , estime Elizabeth Hunter. « En Europe, on a réussi à faire autant et même plus.»

La santé des Québécois et Québécoises motive leur choix d’acheter bio. La moitié des répondants avaient déjà acheté des produits biologiques. Parmi ces derniers, à la question quelle a été votre motivation principale?, 50% ont mentionné leur santé, celle de leurs enfants ou la qualité des aliments. Parmi ceux qui n’avaient jamais acheté des aliments bio, 22% évoquent le prix ou le manque de disponibilité comme raison. 18% disent ne pas connaître les produits biologiques, confirmant pour Équiterre l’importance de sensibiliser le public au sujet de l’agriculture biologique. « Chacun de nous avons le pouvoir d’aider à protéger l’environnement et notre santé, en demandant et en achetant des produits biologiques locaux. Avec la pression des consommateurs, les produits deviendront plus accessibles », déclare Frédéric Paré, coordonnateur du programme agricole à Équiterre.

Équiterre est un organisme à but non lucratif voué à la promotion de choix écologiques et socialement équitables. La réalisation de ce sondage a été rendu possible grâce à la contribution du Fonds d’action québécois pour le développement durable et de son partenaire financier, le gouvernement du Québec.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Équiterre

http://www.equiterre.qc.ca/

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