85e congrès général de l’UPA : « Pas de nourriture sans agriculture » – Christian Lacasse

Longueuil (Québec), 1 décembre 2009 – « Au cours de la dernière année, les producteurs agricoles du Québec se sont mobilisés comme rarement dans le passé pour rappeler à quel point la pérennité de leurs activités est essentielle. Ils ont interpellé nos gouvernements, nos élus et nos concitoyens pour réitérer qu’il n’y a Pas de nourriture sans agriculture », a déclaré le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Christian Lacasse, dans le cadre du 85e Congrès général de l’organisation qui se tient à Québec jusqu’au jeudi 3 décembre inclusivement.

Pour le président général de l’UPA, les perspectives d’avenir de l’agriculture québécoise et de nos régions se portent mieux en raison de cette mobilisation exceptionnelle. Parmi les fruits de cette dernière, M. Lacasse a notamment rappelé :

  • la création d’un comité bipartite État-UPA qui a permis au monde agricole de signifier ses attentes au regard des programmes de la sécurité du revenu, incluant :
    • le maintien du programme d’assurance stabilisation;
    • la sécurité du revenu étendue à toutes les productions;
    • l’effacement du déficit accumulé de La Financière agricole du Québec (FADQ);
    • une enveloppe budgétaire à la hauteur des besoins.
  • la ratification d’un accord de partenariat économique entre le Québec et l’Ontario comportant un chapitre qui vise à préserver la gestion de l’offre et la mise en marché collective dans chacune de ces provinces;
  • la prise en compte subséquente de ce consensus à l’occasion de la signature des nouvelles dispositions agricoles de l’Accord sur le commerce intérieur, se traduisant par un engagement formel du gouvernement québécois à défendre nos outils de mise en marché collective, nos pouvoirs réglementaires en matière d’étiquetage et de contenu des aliments, de même que les exemptions ministérielles;
  • le soutien à l’abattoir Levinoff-Colbex, nécessaire pour vaincre la dépendance des producteurs envers les géants de la transformation, même si sa situation demeure difficile tant que le gouvernement fédéral n’aura pas entendu raison dans le dossier des matières à risque spécifié (MRS).

« Pas de nourriture sans agriculture. Cela va de soi et si nos concitoyens le savent bien, leur soutien est essentiel pour assurer l’avenir et la pérennité d’une agriculture calquée sur leurs besoins. Un récent sondage CROP nous apprend que 74 % de la population considère que les agriculteurs ne sont pas trop soutenus. C’est même 41 % de la population qui croit qu’ils ne sont pas suffisamment soutenus par l’État. Ce même sondage nous apprend qu’ils sont aussi très nombreux (73 %) à avoir une opinion favorable de l’UPA et seulement 3 %, une opinion défavorable. Nous pouvons être fiers de ces résultats, mais nous devons continuer notre travail », a continué Christian Lacasse, rappelant qu’en 2009, dans un pays hautement développé qui offre une des meilleures qualités de vie au monde, le combat des producteurs et des productrices agricoles demeure l’accès à un revenu suffisant et durable sur les marchés.

Pourquoi? Parce que les marchés laissés à eux-mêmes ne rémunèrent pas adéquatement les producteurs. D’où la nécessité de maintenir des programmes vigoureux de sécurité du revenu, nos outils de mise en marché collective et la gestion de l’offre. « Sans cet appui, adieu veaux, vaches, cochons au Québec. Nos fermes disparaîtraient les unes après les autres. Et les Québécois y perdraient beaucoup, à commencer par les gouvernements », a continué le président général de l’UPA, en rappelant que l’agriculture représente, pour le Québec, un investissement rentable à tous les niveaux :

  • les activités de production et de transformation des produits agricoles généraient, en 2007, un total de 174 285 emplois directs, indirects et induits, pratiquement partout au Québec;
  • la création de richesse provenant de ces secteurs (PIB) est de 13 milliards de dollars, une richesse qui procure des revenus directs de taxation de 2,2 milliards au Québec, de 1,4 milliard au fédéral et de 319 millions dans les municipalités;
  • l’agriculture et la transformation contribuent directement autant au PIB québécois que les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration réunis.

Selon Christian Lacasse, « La prochaine année devrait s’avérer fort différente de ce que nous avons connu en 2009. L’incertitude devrait céder le pas, je l’espère, à un environnement davantage prévisible, bien que renouvelé. Notre agriculture a besoin de reprendre son souffle pour mieux s’élancer vers l’avenir et l’UPA compte bien être un acteur de premier plan dans l’établissement de la politique agricole gouvernementale annoncée pour le printemps 2010 ».

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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