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À la recherche du mélange magique

Yves Lussier, producteur. PHOTO : André Dumont

Yves Lussier, producteur. PHOTO : André Dumont

Chez Yvan Lussier et Chantal Picard, à Saint-Marc-sur-Richelieu, il y a deux jardins : celui derrière la maison et l’autre derrière l’étable. L’un sert à nourrir la famille, l’autre sert à trouver la meilleure combinaison d’engrais verts pour stimuler la productivité des champs.

Le couple producteur laitier et céréalier se passionne pour les SCV : les couverts végétaux qui prolongent au maximum la période de l’année pendant laquelle la vie végétale est florissante sur et sous la surface des sols.

Derrière les bâtiments de ferme se trouve cette parcelle d’essais, elle-même divisée en 115 mini-parcelles. Une centaine d’espèces tentent d’y faire leurs preuves, seules ou en compagnonnage. L’objectif : déterminer celles qui feront partie du mélange optimal, à semer au lendemain de la récolte de seigle d’automne.

« Jusqu’à -10 ou -15 oC, j’ai du vivant (des plantes) dans les parcelles », affirme Yvan Lussier. Il y a donc de la verdure au moins huit mois par année.

Pour trouver les candidates qui contribueront au mélange en fixant ou récupérant de l’azote ou en ameublissant le sol de leurs racines, le couple fait des pieds et des mains pour obtenir des semences d’ici et d’ailleurs. « Je suis rendue à me procurer des graines en sachets dans des catalogues horticoles, dit Chantal Picard. Et je récolte toutes les graines possibles. »

À la Ferme du Coin Rond, il s’agit de la troisième année de parcelles d’essai d’une telle ampleur. En 2012 et 2013, les semis ont été réalisés au début août, après la récolte de seigle. Cette année, ils ont été reportés du 25 au 28 août. Yvan Lussier voulait terminer la conception de son semoir spécial, qui lui permet maintenant d’ensemencer cinq ou six mini-parcelles à l’heure.

Ce retard de deux semaines cette année lui a permis d’évaluer l’impact de la date de semis. En comparant la végétation sur le pourtour de la parcelle (ensemencée au début août) à celle des mini-parcelles, on voit bien que la production de biomasse a souffert de ces deux semaines d’été en moins.

Dans ce grand jardin, on retrouve des couverts végétaux connus, comme des trèfles, des vesces, du daikon (radis), du ray-grass et des moutardes. On y retrouve aussi d’étonnants spécimens, comme la féverole, dont la nodulation est si impressionnante qu’on parle « d’azote à la chaudière ».

Les parcelles permettent d’observer le rendement en biomasses aérienne et souterraine, ainsi que d’analyser la compétition entre les espèces d’un mélange, le développement des systèmes racinaires et leur impact sur la structure du sol.

On cherche des légumineuses qui fixeront beaucoup d’azote et d’autres plantes capables d’absorber l’azote libre dans le sol. En se décomposant la saison suivante, la biomasse relâche lentement l’azote accumulé. On privilégiera des espèces qui ne traverseront pas l’hiver, ou qui seront faciles à gérer au printemps.

Yvan Lussier est à la recherche les espèces qui composera le mélange proposé en 2015 aux membres d’un consortium d’agricultureurs dont il fait partie. On souhaite un mélange qui sera efficace à un bas taux de semis, composé de graines faciles à trouver, à un coût qui sera largement compensé par les bénéfices apportés au champ, explique le producteur.

L’intégrale de cet article a été publiée dans Le Bulletin des agriculteurs de décembre 2014.

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