Abolition du tarif biénergie : les serriculteurs québécois sont inquiets

Longueuil (Québec), 25 mars 2004 – « Les producteurs en serre québécois ne pourront se mesurer à leurs homologues ontariens s’ils ne bénéficient pas, eux aussi, d’un tarif énergétique concurrentiel ».

C’est ce qu’a déclaré le président du Syndicat des producteurs en serredu Québec (SPSQ), M. André Mousseau, alors qu’Hydro-Québec vient tout juste dedéposer une demande à la Régie de l’énergie afin d’abolir le tarif biénergiedès le 1er avril 2006. Rappelons qu’une soixantaine de producteurs en serreutilisent toujours le tarif biénergie pour le chauffage et l’éclairage dephotosynthèse.

Le tarif biénergie lancé dans les années 80, jusqu’en 1996, visait àstimuler la consommation d’électricité dans le secteur commercial, industrielet institutionnel. Le concept original prévoyait qu’Hydro-Québec puisse couperl’approvisionnement de cette électricité durant les périodes de pointes. Ensituation de pointe, les clients délestés devaient donc se tourner vers uneautre source d’énergie en utilisant un système de chauffage d’appoint. Cetinconvénient était compensé par un tarif électrique moins cher, le tarifbiénergie.

Devant cette nouvelle menace d’abolition, qui survient deux ans après unepremière tentative ratée de la part d’Hydro, André Mousseau proteste : « LeQuébec a fait le choix énergétique de l’électricité, mais on veut nous lavendre au même prix qu’ailleurs. Au lieu d’en faire un avantage concurrentiel,on veut nous forcer à utiliser des combustibles polluants que nous payonsd’ailleurs plus cher que nos compétiteurs ».

Principaux concurrents des serriculteurs québécois, les producteurs enserre ontariens bénéficient en effet du gaz naturel à moindre coût et peuventdonc vendre leurs fleurs et légumes de serre à moindre coût, notamment auQuébec. L’impact de la perte du tarif biénergie pour les producteurs québécoisconcernés se situe au niveau d’une diminution importante de leurcompétitivité.

Pour faire avaler la pilule plus facilement, Hydro prévoit offrir untarif de transition à ses clients utilisant l’électricité pour des usagesd’éclairage de photosynthèse et qui n’ont pas d’alternative énergétique. Onparle ici des producteurs en serre. C’est ainsi que le tarif actuellement envigueur augmentera de 8% par année pour l’éclairage de photosynthèse, jusqu’àl’atteinte d’un tarif normal.

« 8%, c’est de la poudre aux yeux », de s’exclamer M. Mousseau. « Dans lesfaits, c’est plus de 12% d’augmentation qu’auront à subir nos producteurs, carle 8% s’ajoute aux hausses déjà instaurées et à celles à venir annoncées parHydro. Pourtant, durant la pseudo consultation qu’Hydro a effectuée auprès dela clientèle, nos producteurs en serre ont clairement démontré qu’ils nepouvaient absorber plus de 8% d’augmentation ».

Le SPSQ note toutefois une amélioration dans la façon de faire d’Hydro-Québec, qui tente pour une première fois d’amenuiser les impacts qu’aura sademande sur ses clients. « Au bout du compte, ce que nous voulons, c’estréussir à convaincre Hydro-Québec et nos partenaires gouvernementaux qu’ilserait hautement profitable pour la société de fournir un tarif véritablementadapté à la production en serre. Malheureusement, nos demandes répétées auprèsd’Hydro et du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentationdu Québec (MAPAQ) n’ont toujours pas abouti sur du concret », conclutM. Mousseau.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Hydro-Québec
http://www.hydro.qc.ca/

Syndicat des producteurs en serre du Québec (SPSQ)
http://www.fihoq.qc.ca/html/spsq.html

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