Accident dans un silo de Provalcid : la CSST dépose son rapport d’enquête

Longueuil (Québec), 27 novembre 2001 – Une façon non sécuritaire d’entrer dans les silos et de les vidanger, jumelée à des conditions d’entreposage inadéquates et à des équipements non protégés sont à l’origine de l’accident qui a coûté la vie à Gilles Mercier, opérateur au centre de grains régional Provalcid à Varennes, le 15 janvier 2001. Telles sont les conclusions du rapport d’enquête rendu public par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).

Rappel de l’événement

L’entreprise Provalcid négocie l’achat et la vente de grains à l’extérieur de la région. L’accident survient lors du chargement d’un camion à partir d’un silo d’entreposage de grains. En cours de remplissage, l’opérateur constate que le débit ralentit. Il s’introduit alors dans le silo pour briser la croûte de blé recouvrant le puits de vidage. Cela provoque un écoulement brusque qui entraîne M. Mercier dans les puits. Ainsi prisonnier, il est enseveli par le blé et décède.

Constatations de la CSST

L’enquête a permis aux inspecteurs de retenir plusieurs causes.

1. Les conditions d’entreposage dans le silo sont inadéquates. La neige s’infiltre par le toit. Cela augmente l’humidité du blé et favorise la formation d’une plaque qui bloque le puits.

2. La méthode de vidange du silo est non sécuritaire. Elle permet au travailleur d’entrer dans le silo alors que le niveau du grain est élevé.

3. La façon d’entrer dans le silo n’est pas sécuritaire. On y pénètre sans équipement de sécurité, sans interrompre la vidange et sans surveillance.

4. L’ouverture des puits de vidage n’est munie d’aucun dispositif de protection, alors que ses dimensions présentent un danger de chute.

5. Les travailleurs ne sont pas formés sur les risques reliés au travail en espace clos.

La CSST considère que l’employeur a agi de manière à compromettre la sécurité des travailleurs. En conséquence, un constat d’infraction a été émis à l’employeur, qui s’expose à une amende pouvant varier entre 5000 et 20 000 $.

Exigences de la CSST

Afin de prévenir un autre accident, la CSST a interdit sur-le-champ l’entrée dans l’ensemble des silos chez l’employeur jusqu’à ce qu’une méthode de travail sécuritaire pour entrer dans le solo et le vider soit établie et approuvée par les inspecteurs.

Elle a aussi exigé de l’employeur :

  • qu’il installe des dispositifs de protection sur les puits de vidage
  • qu’il calfeutre les fuites du toit
  • et qu’il donne une formation à ses travailleurs sur les risques reliés au travail en espace clos et sur le cadenassage.

Depuis l’accident, l’employeur a muni certains silos de vibrateurs pour faciliter l’écoulement du grain. De plus, il n’est plus nécessaire d’entrer dans les silos depuis qu’une vis de balayage a été installée dans ceux-ci. Enfin, en juin dernier, l’employeur a élaboré et mis en application un programme de prévention comprenant des mesures pour le travail en espace clos.

Recommandations

La CSST va poursuivre sa sensibilisation dans tous les milieux de travail concernés par l’entrée dans les espaces clos agricoles.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST)

http://www.csst.qc.ca/

Provalcid inc.

http://www.provalcid.com

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