Agriculteur à la recherche de la pérennité pour le chou-fleur

Octobre 2003 – Les consommateurs de la Nouvelle-Écosse toujours à l’affût de nouveaux produits agricoles cultivés sur place auront peut-être quelque chose de nouveau à envisager d’ici peu.

La vallée de l’Annapolis, en Nouvelle-Écosse, est un leader dans la production de légumes crus et de qualité tels le chou-fleur, le brocoli, la laitue et les épinards. Les consommateurs jouissent actuellement de ces produits locaux de juillet à octobre, mais certains agriculteurs tentent de trouver des façons de prolonger la saison.

Melvin Farms, une entreprise de produits agricoles de la région, travaille avec des chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada du Centre de recherches de l’Atlantique sur les aliments et l’horticulture à Kentville, en Nouvelle-Écosse, afin d’évaluer de nouvelles technologies d’entreposage qui pourraient permettre l’expédition des choux-fleurs locaux frais jusqu’à huit semaines après la récolte. Si cela fonctionne, l’entreprise serait en mesure de mettre des produits agricoles sur les comptoirs des magasins de la Nouvelle-Écosse jusqu’en novembre et décembre, période habituellement réservée aux produits agricoles importés.

Les technologies en question, dont un film respirant servant à emballer les produits et l’entreposage en atmosphère contrôlée, ne sont rien de nouveau, mais elles constituent toutefois des solutions capables de régler le problème que l’industrie a eu à affronter pendant des années.

« Le recours à ces technologies pourrait accroître notre avantage concurrentiel. Même trois semaines de plus pour l’expédition est considérable lorsque l’on considère que la période totale pour le marché est seulement de 18 semaines », a expliqué le chef de Melvin Farms, M. Richard Melvin.

M. Melvin a exposé également que le fait d’être capable de fournir un approvisionnement régulier sur une plus longue période place l’entreprise dans une meilleure position pour négocier avec les détaillants locaux.

Le marché à la fin de l’automne et au début de l’hiver est habituellement composé de produits agricoles importés d’endroits du sud des États-Unis. M. Melvin affirme que tout moyen de faire concurrence avec ces fournisseurs fera toute la différence en ce qui a trait à l’augmentation des revenus et ce, même si ce n’est que pour quelques semaines de plus.

Les pellicules de plastique et l’entreposage en atmosphère contrôlée sont des façons d’arriver à cette fin. Ces méthodes permettent au chou-fleur de conserver son humidité, d’éviter l’exposition à l’oxygène ainsi que d’éviter les problèmes liés à l’odeur, à la couleur, à la moucheture, au goût et à la fermeté; problèmes qui rendent éventuellement invendables tous les produits agricoles frais.

Ces deux technologies se sont avérées efficaces pour d’autres entreprises ailleurs dans le monde, mais avant que M. Melvin ne commence à financer l’infrastructure nécessaire à son entreprise, il doit déterminer si elles lui seront utiles et de quelle façon. C’est là où intervient le Dr Mark Hodges d’AAC.

M. Melvin a demandé l’aide du Dr Hodges dans le cadre du Programme de partage des frais pour l’investissement (PPFI) en R et D d’AAC. Ce programme assure une contribution pour des projets pouvant aller jusqu’à l’équivalent des fonds de recherche du secteur privé et donne l’occasion aux entreprises de présenter les changements dont ils auraient besoin pour améliorer leurs perspectives. Le PPFI a investi dans ce projet plus de 50,000 dollars, en additionnnant à ce montant plus de 23,000 dollars en soutien de valeur indirecte par le biais du PPFI. Le Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada appuie aussi cette initiative.

Le Dr Hodges travaille actuellement à un projet d’une durée de deux ans qui donnera à Melvin Farms un outil scientifique capable de mesurer jusqu’à quel point les deux technologies peuvent améliorer la durée de conservation. L’étude portera sur les différents types de pellicules de plastique et sur les différentes combinaisons d’emballage et d’entreposage.

« Le but est d’arriver à un système adapté qui conviendra le mieux à chaque client, a fait savoir le Dr Hodges. Nous sommes à évaluer l’efficacité de l’emballage des palettes entières de choux-fleurs par rapport aux différentes pommes de choux-fleurs. Nous examinons aussi ces options relativement à l’entreposage en atmosphère contrôlée ou non et nous testons un groupe de contrôle dont les produits ne sont ni emballés ni stockés. »

Il s’est installé avec son équipe sur place à Melvin Farms, et ils ont déterminé des données de base sur la détérioration du chou-fleur dans le cadre du système actuel. Ils ont aussi élaboré un ensemble de critères pour évaluer la qualité ainsi qu’une méthodologie pour évaluer les résultats des essais avec les nouvelles technologies.

M. Hodges fait remarquer que de mener les recherches ouvertement et sur place permettra à Melvin Farms de bien démarrer à l’égard des nouvelles technologies d’entreposage.

« Il est important de considérer ces aspects de façon objective. Cette étude fournira à l’entreprise des renseignements sur les meilleures façons de tirer profit des technologies ainsi que des données sur les types de bénéfices auxquels elle peut s’attendre », a-t-il ajouté.

Ce genre d’activité ciblée constitue une priorité essentielle pour AAC. La recherche et l’innovation est l’un des éléments clés du Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA) fédérale-provinciale-territoriale. Cette politique encourage le travail scientifique, qui apporte aux agriculteurs canadiens un avantage concurrentiel.

M. Hodges s’attend à ce que la deuxième série d’essais soit terminée au mois de décembre et que les résultats définitifs soient connus peu après.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

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