Ajouter de l’azote dans le soya

Le soya a la capacité de fixer l’azote de l’air. Mais est-ce que cet azote est suffisant, notamment dans les champs à potentiel de rendement très élevé?

Dans le dernier Bulletin Grandes Cultures du ministère de l’Agriculture de l’Ontario (MAAARO), l’expert en soya Horst Bohner explore la pertinence d’appliquer de l’azote pour stimuler les rendements.

L’azote en présemis

D’après Horst Bohner, aucune étude ne démontre que l’azote appliqué avant les semis ou comme engrais de démarrage procure une amélioration significative des rendements.

Des recherches menées aux États-Unis et en Ontario montrent qu’en dépit de possibles gains de rendement, ceux-ci sont généralement faibles (moins de 135 kg/ha, ou 2 boisseaux/ac), inégaux et insuffisants pour augmenter les profits.

Les gains de rendement varient beaucoup d’une année à l’autre, les applications faites par temps frais et pluvieux étant les plus à même de se traduire par des gains de rendement. Les gains de rendement les plus constants sont observés sous des conditions de croissance très mauvaises, en présence de sols pauvres en matière organique et de faibles concentrations d’azote organique, de même qu’en présence de conditions peu favorables à la formation de nodules. Sous des conditions de croissance normales, les applications n’apportent habituellement aucun gain de rendement mesurable.

L’azote au moment de la formation des gousses

C’est lorsque les gousses et les grains se développent que la demande en azote est la plus grande. Cette période coïncide avec l’épuisement des réserves d’azote dans le sol et le ralentissement de la fixation de l’azote. C’est sans doute un bon moment pour effectuer les apports d’azote dans le soya, surtout si les attentes sont grandes quant au rendement.

Au cours d’essais menés au Kansas à la fin des années 1990, on a obtenu des augmentations de rendement de 6,9 boisseaux/ac (465 kg/ha) avec l’application de 20 à 40 lb de N/ac au stade R3 (Wesley et collab.,1998). Toutefois, les gains de rendement n’ont été réalisés que dans les champs qui étaient irrigués et où les rendements dépassaient 55 boisseaux/ac (3,7 tm/ha). Ces résultats ont suscité un nouvel intérêt pour les applications d’azote dans le soya et ont été le point de départ d’un grand nombre d’études. Une étude subséquente menée dans les états du Midwest américain a révélé des résultats inégaux en conditions réelles.

Dans le cadre des essais SMART qui ont été menés en Ontario sur le soya, on a fait des applications foliaires d’azote durant les stades de reproduction qui coïncidaient avec l’application d’un fongicide (R3). Les applications foliaires étaient constituées d’un engrais azoté à libération lente, à raison de 6 l/ac, mélangé à un fongicide. Au cours de ces essais, on a aussi épandu en pleine surface au moment des semis 50 lb d’azote sous forme d’azote ESN et de sulfate d’ammonium. Les faibles gains de rendement de l’ordre de 2 à 3 boisseaux/ac ont été décevants. Ils ne représentaient aucun avantage économique.

Il ressort des études que les champs de soya très productifs (rendements supérieurs à 70 boisseaux/ac ou 4,7 tm/ha) peuvent bénéficier d’apports supplémentaires d’azote, mais, dans les faits, le nombre de champs qui procurent de tels rendements est limité. Indépendamment du moment où se fait l’application, l’expérience démontre que le gain de rendement est faible, sinon inexistant. Les applications d’azote ne sont donc pas recommandées sous des conditions normales, ni en présemis ni en pleine saison.

Source : MAAARO

 

 

 

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