Algues bleues : Québec rampe devant l’industrie agricole

Montréal (Québec), 1er août 2007 – Greenpeace déplore l’immobilisme du gouvernement libéral dans le dossier des algues bleues et des cyanobactéries et l’annonce à grand tapage médiatique que Québec n’annonce rien.

« Au lieu d’annoncer une tournée des plans d’eau affectés par unecontamination aux algues bleues, la ministre de l’Environnement, LineBeauchamp aurait dû annoncer une tournée de ses collègues au cabinet afin queQuébec cesse de se mettre la tête dans le sable et prenne des mesures plusvigoureuses et contraignantes pour résoudre la contamination à la source »,déclare Eric Darier, coordonnateur national de la campagne Agriculture deGreenpeace.

Selon Greenpeace, la ministre Beauchamp vient de rater une occasioninouie de résoudre ce dossier. L’immobilisme du gouvernement est d’autant plusinacceptable qu’il existe depuis des années des rapports du Ministère del’Environnement qui identifient la cause réelle des problèmes. « Québecn’annonce rien ce matin et remet à septembre la possibilité d’une annonce denouvelles mesures, mais sans en préciser l’étendue », ajoute Eric Darier. « Celaveut-il dire que l’entente que Québec a signée avec l’UPA, qui exclut toutenouvelle mesure environnementale en agriculture, tient toujours? Ou celaveut-il dire que le gouvernement essaie de gagner du temps en espérant qu’enseptembre l’opinion publique ne se souviendra plus des algues bleues? »

De plus, Greenpeace se demande pourquoi, alors que les mauvaisespratiques agricoles sont à l’origine de plus de 75 % des excédents dephosphore dans certains de nos rivières et de nos lacs, le Ministère del’Agriculture n’avait délégué personne pour accompagner la ministre del’Environnement lors de sa conférence de presse. « Est-ce que la ministreBeauchamp sert de paravent pour le MAPAQ et l’UPA ? »

Selon Greenpeace, il est grand temps de changer un modèle agricole qui,après plus de 40 ans, n’est toujours pas capable d’éviter les pollutions. « Onnous dit depuis des décennies que le milieu agricole fait des efforts, maismalheureusement, les mesures entreprises n’ont pas permis d’éliminer lescraintes environnementales. Il faut que le gouvernement et l’UPA arrêtent depromouvoir un modèle agricole industriel qui n’est plus viable pourl’environnement ».

Parlant d’immobilisme, la ministre Beauchamp n’a pas annoncél’interdiction des détergents à base de phosphate, comme Greenpeace le demandedepuis le début de cette crise. « Ce serait pourtant un bon moyen de résoudreune partie des rejets de phosphore spécialement autour des lacs devillégiature comme le lac Tremblant par exemple. Depuis 35 ans, lesproducteurs de détergents de lave-vaisselle bénéficient eux aussi, commel’Union des producteurs agricoles, d’une exemption. Il est temps de mettre finaux exemptions de toutes sortes, aux ententes à-plat-ventristes de toutessortes que le gouvernement du Québec octroie aux véritables polleurs de noslacs et cours d’eau », reprend Eric Darier.

Enfin, Greenpeace rappelle que le seul fait qu’il y ait 85 lacscontaminés est dû à la vigilance des résidents autour de ces lacs et non pasaux mesures proactives du ministère de l’Environnement qui ne fait pasd’inspection systématique des autres 500 000 lacs au Québec. « La criseactuelle n’est que la pointe de l’iceberg », conclut Eric Darier.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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