Appels au Congrès pour protéger les Etats-Unis de l’ESB

Washington (États-Unis), 4 avril 2001 – Inquiets des risques éventuels de contamination, des parlementaires américains ont appelé mercredi à renforcer la législation aux Etats-Unis afin de protéger le pays de l’encéphalite spongiforme bovine (ESB) ou maladie de la vache folle.

« Bien que les risques (de contamination) ne soient pas élevés, nous ne pouvons nous reposer sur nos lauriers », a mis en garde le sénateur républicain de l’Illinois, Peter Fitzgerald, lors d’une audition au Sénat réunissant des experts et responsables gouvernementaux sur cette question.

De son côté, le sénateur démocrate Dick Durbin, également de l’Illinois, un important Etat agricole, a mis en avant la complexité des lois régissant le commerce international des produits alimentaires pour les hommes et les animaux pour justifier une législation plus stricte.

« Pour cette raison, je vais rapidement déposer un projet de loi sur la sécurité alimentaire pour renforcer la protection de notre pays contre l’ESB et d’autres maladies d’origine animale », a-t-il déclaré, devant la Commission du Commerce du Sénat.

Cette loi obligerait les importateurs à fournir davantage d’informations aux douanes américaines, à éliminer les tissus nerveux des ruminants sur la viande destinée à l’alimentation humaine ou animale et à la création d’une unité spéciale pour détecter l’ESB ou des maladies analogues.

Dans le même temps, ces élus se sont empressés de souligner que les Etats-Unis avaient été jusqu’ici épargnés par la maladie.

« La maladie de la vache folle a accaparé l’attention dans le monde (…) nous avons tous vu des scènes horribles », a relevé le sénateur Durbin. Mais « mon message, c’est qu’il s’agit de scènes vues en Europe. L’Europe subit les effets de l’ESB. Nous non », a-t-il dit en relevant qu’il n’y avait pas de preuve que celle-ci soit présente aux Etats-Unis.

« Notre approvisionnement alimentaire est sûr. (L’ESB) ne va pas venir aux Etats-Unis », a renchéri le sénateur républicain Sam Brownback.

Malgré cela, l’inquiétude est de mise.

Fin janvier, le prion agent de transmission de l’ESB avait semblé approcher les côtes américaines lorsque les autorités avaient révélé que plus de 1200 bovins avaient été nourris au Texas avec des farines contenant des protéines animales.

En outre, le General Accounting Office, une agence indépendante chargée de mener toutes les enquêtes au nom du Congrès, a constaté « un large non-respect des mesures mises en place pour protéger le pays de l’ESB », a indiqué M. Durbin.

Selon une scientifique Caroline Smith DeWaal, du Center for Science in the Public Interest, l’absence de contrôles suffisants est un problème majeur.

« Avec seulement quelques centaines d’inspecteurs pour examiner la sécurité dans plus de 57.000 usines alimentaires et entrepôts, les inspections sont au mieux un évènement rare », a-t-elle estimé.

Par ailleurs, un sénateur du Colorado, Ben Nighthorse Campbell, qui possède lui-même un ranch et est le seul membre d’origine indienne du Sénat, a cité dans une lettre à la secrétaire à l’Agriculture Ann Veneman des informations selon lesquelles des produits contaminés pourraient avoir été vendus aux Etats-Unis.

Il a ainsi relevé que 140 cervidés dans son Etat avaient contracté une maladie de la famille de l’ESB.

Source : AFP

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