Le Canada se prépare à faire face à la peste porcine africaine

Tour d'horizon de ce qui se fait à ce niveau

Il y a au moins 7000 petits producteurs de porcs à travers le Canada. Un des rôles de prévention contre la peste porcine africaine est de les identifier et de les sensibiliser.

L’entrée de la peste porcine africaine est une des plus grandes hantises du secteur porcin canadien en ce moment. Voilà pourquoi plusieurs instances s’y préparent.

Le 6 janvier dernier, Swine Innovation Porc organisait un webinaire intitulé Peste porcine africaine : comment le Canada s’y prépare-t-il? Voici un résumé des actions entreprises par différentes instances.

Swine Innovation Porc

Les priorités de recherche de Swine Innovation Porc, telles que présentées par le Andrew Van Kissel, directeur adjoint de la recherche chez Vido-Intervac, sont :

  1. Surveillance et santé animale
  2. Biosécurité
  3. Destruction et disposition
  4. Santé mentale
  5. Impact économique
  6. Transfert de connaissance

Conseil canadien du porc

Le plan d’action du Conseil canadien du porc, tel que présenté par son directeur général, John Ross, est orienté sur 4 aspects :

  1. Planification de la préparation
  2. S’assurer de la continuité des affaires
  3. Renforcement de la biosécurité et de la prévention
  4. Communications coordonnées des risques

Agence canadienne d’inspection des aliments

Le chercheur Aruna Ambaga de l’Agence canadienne d’inspection des aliments a présenté les méthodes alternatives pour tester la présence de virus ou d’anticorps développés à la suite d’une infection par le virus de la peste porcine africaine. Plusieurs tests sont possibles sur les fluides provenant d’animaux vivants ou d’échantillons prélevés chez des animaux morts.

Swine Health Information Center

Ce centre américain met en œuvre des actions afin que le secteur porcin américain soit bien préparé pour faire face aux maladies qui pourraient affecter les troupeaux, dont la peste porcine africaine. Le directeur général du Swine Health Information Center, Paul Sundberg, a présenté comment les États-Unis se préparent à faire face à cette maladie.

Il a expliqué que le temps est primordial. Les pertes économiques pourraient être de 50 milliards de dollars pour un épisode qui prendrait 10 ans avant que la maladie ne soit maîtrisée. Si le pays est capable de limiter cette maladie à 2 ans, les pertes diminuent à 15 milliards de dollars. Le prix du porc chuterait de 47% la première année. La production porcine diminuerait de 30% dans le scénario de 10 ans. Au total, cela représenterait des pertes de 140 000 emplois sur 10 ans.

Des travaux menés par des universités américaines au Vietnam visent à préparer le pays à faire face à une éventuelle épidémie aux États-Unis.

Prairie Swine Centre

Le Prairie Swine Centre se prépare à identifier les petits producteurs de porcs et à mieux communiquer avec eux, explique le chef de la direction du Prairie Swine Centre, Murray Pettitt. D’ailleurs, dans sa présentation, John Ross avait mentionné qu’il y a au moins 7000 petits producteurs de porcs au Canada. Le projet du Prairie Swine Centre se fait sous forme de sondage qui débutera en février de cette année.

Manitoba Pork

Le directeur des programmes d’Assurance qualité et de bien-être des animaux au Manitoba Porc, Mark Fynn, a présenté la stratégie de dépopulation des porcs.

Plusieurs méthodes sont envisagées comme le gaz, les méthodes physiques ou électrique, les abattoirs ou d’autres méthodes. Plusieurs questions sont en suspens : Qu’est-ce qui est acceptable? Qu’est-ce qui est recommandé? Qu’est qui est inacceptable? Ces questions n’ont toujours pas de réponses. « Il nous reste beaucoup de travail à faire, mais nous faisons des progrès », dit Mark Fynn.

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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