Bilan de l’agriculture canadienne en 2005

Ottawa (Ontario), 8 juin 2006 – Dans l’ensemble, les agriculteurs canadiens ont connu une année difficile en 2005, mais l’industrie agricole n’a pas subi que des déboires, révèle une nouvelle étude.

Pour de nombreux agriculteurs, le grand défi à affronter a été la baisse marquée du revenu net réalisé, qui est tombé à son plus bas niveau depuis 2003. Les recettes des cultures, à elles seules, ont fléchi de 7 %.

La production record de canola, de maïs et de soya au Canada est survenue à un moment où la production et les stocks mondiaux étaient également à des niveaux élevés, mais où les prix étaient tombés à leur plus bas.

Divers groupes ont également connu une année difficile. Les inondations printanières dans certaines régions du Manitoba ont dévasté les cultures de nombreux agriculteurs de la province.

Un gel printanier a ravagé la culture de raisins en Ontario. Une combinaison de conditions du marché et de mauvais temps a obligé les producteurs de légumes à réduire d’environ 12 % leurs superficies cultivées. En outre, les ventes de produits de serre ont chuté pour la première fois.

À l’opposé, un événement important dans le secteur du bétail au Canada a été l’ouverture en juillet de la frontière des États-Unis aux importations de bovins et de veaux canadiens de moins de 30 mois suivant une interdiction de 26 mois en raison de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Cette mesure a contribué à relancer le prix des bovins et des veaux mis en marché au Canada.

En outre, le secteur de la transformation des aliments a maintenu des résultats relativement bons l’an dernier. Par ailleurs, le pays a enregistré un autre solide excédent dans le commerce international des produits agricoles et du poisson.

Les prix des cultures en baisse marquée
Les prix payés aux agriculteurs canadiens pour certaines cultures ont continué d’être touchés par le niveau élevé de la production en Amérique du Nord en 2005 et par une offre mondiale importante.

En outre, l’appréciation considérable du dollar canadien par rapport à la devise américaine a eu pour effet de réduire le rendement des exportations agricoles canadiennes vendues en dollars américains.

En décembre 2005, les producteurs ont reçu pour leurs cultures des prix inférieurs de 15 % à ceux de l’année précédente, selon l’Indice des prix des produits agricoles (IPPA) de Statistique Canada. Ainsi s’est poursuivie la tendance à la baisse des prix d’une année à l’autre amorcée à l’été 2003.

La production quasi-record de céréales et d’oléagineux au Canada et aux États-Unis en 2005 a ajouté aux approvisionnements déjà abondants. Par ailleurs, les conditions de croissance dans plusieurs régions du Canada ont nui à la qualité de certaines cultures.

L’indice des prix pour l’ensemble des cultures en 2005 a été à son plus bas niveau depuis le début des années 1990. Par conséquent, les agriculteurs se sont tournés vers le gouvernement fédéral afin d’obtenir une aide spéciale pour le secteur des cultures.

Dans les Prairies, la production de canola, qui sert à fabriquer la margarine et les huiles de cuisson, a fait un bond de 26 % pour atteindre 9,5 millions de tonnes, soit le résultat d’un rendement record. La production de lin a presque doublé.

Dans l’est du Canada, des conditions favorables ont entraîné une production record de maïs et de soya.

Les marchés du boeuf se rétablissent après la réouverture de la frontière américaine aux exportations de bovins canadiensLes exportations canadiennes de bovins et de veaux vivants de moins de 30 mois ont repris la destination des États-Unis le 18 juillet 2005. Les bovins de reproduction, les animaux de réforme et la viande des animaux plus âgés sont toujours visés par une interdiction d’entrée sur le marché américain.

La résilience du marché des bovins de boucherie en Amérique du Nord est devenue apparente quand les exportations de bovins vivants ont approché les niveaux d’avant l’ESB en octobre 2005. Cette reprise a été importante, particulièrement dans un contexte où il n’y a aucun commerce pour les animaux de reproduction ou les animaux de réforme.

La baisse des exportations de viande de boeuf a partiellement fait contrepoids à l’augmentation des exportations de bovins vivants au cours de la deuxième moitié de 2005. Une partie de ce recul s’explique par la grève de trois semaines à une entreprise de conditionnement en Alberta à la fin d’octobre et au début de novembre.

À la fin de l’année, les marchés des bovins ont commencé à se redresser et les prix du bétail et des substances animales ont dépassé de 5 % leurs niveaux d’un an plus tôt.

Le prix moyen des bovins d’abattage a augmenté de 8 % en 2005, tandis que celui des animaux d’engraissement s’est accru de 32 % par rapport à 2004.

Les produits agricoles enregistrent un énorme excédent commercial
Les Canadiens exportent environ la moitié des aliments qu’ils produisent et importent environ la moitié des aliments qu’ils consomment, ce qui fait du Canada l’une des nations les plus dépendantes au monde du commerce agricole.

Pour certaines entreprises agricoles, comme celles qui sont engagées dans l’élevage de bovins et de porcins et la culture de légumes de serre, le commerce avec les États-Unis et d’autres pays a suscité des occasions de prendre une expansion sur de nouveaux marchés importants. Mais les «chocs» commerciaux peuvent être dévastateurs, comme cela a été démontré quand la frontière canadienne a été fermée aux exportations de bovins vivants et de produits du boeuf au printemps 2003 en raison de l’ESB.

En 2005, le Canada a exporté pour 30,2 milliards de dollars de produits agricoles et du poisson, en baisse de 1,7 % comparativement à l’année précédente, mais en hausse de 0,9 % par rapport à la moyenne quinquennal précédente.

Parallèlement, le pays a importé 22,0 milliards de dollars de produits agricoles et du poisson, en hausse de 3,1 % comparativement à 2004 et de 6,1 % par rapport à la moyenne quinquennale précédente.

Par conséquent, les produits agricoles et du poisson ont connu un excédent commercial d’environ 8,2 milliards de dollars.

La viande, le poisson et les animaux vivants ont constitué environ 38 % des exportations du Canada, les céréales et les oléagineux et leurs produits en ont représenté 28 %, et les 34 % qui restent ont été des exportations de boissons alcoolisées et d’autres produits alimentaires, d’aliments pour animaux, de boissons et de produits du tabac.

Les exportations d’animaux vivants ont augmenté de près de 77 % comparativement à 2004 à la suite de la réouverture de la frontière américaine. Les exportations de blé ont chuté de 23 %, principalement en raison de la réduction de la demande en provenance de la Chine.

Environ 29 % des importations ont été des fruits et des légumes, 29 %, des boissons, du cacao, du café, du thé et d’autres aliments préparés, 18 %, du poisson, de la viande et des animaux vivants, et les 24 % qui restent, principalement des produits céréaliers, du sucre, du fourrage et des aliments pour animaux.

Le secteur de la transformation des aliments demeure vigoureux
L’industrie canadienne de la transformation des aliments a maintenu son rythme l’an dernier. Les livraisons de produits alimentaires transformés canadiens ont atteint 68 milliards de dollars en 2005, en baisse de seulement 0,3 % par rapport à l’année précédente.

De plus, les expéditions de boissons et de produits du tabac se sont élevées à 12 milliards de dollars, en hausse de 0,5 %, l’augmentation des livraisons de boissons ayant plus que compensé le recul de celles de produits du tabac.

Les fabricants d’aliments ont utilisé 84 % de leur capacité au dernier trimestre de 2004, soit le plus haut niveau observé au cours de la dernière décennie. L’an dernier, l’utilisation de la capacité dans le secteur a diminué légèrement, mais est quand même restée solide à environ 82 %.

L’article «L’agriculture canadienne en 2005 : Bilan d’une année difficile» est maintenant disponible sans frais dans le numéro de juin 2006 du bulletin Regards sur l’industrie agro-alimentaire et la communauté agricole (21-004-XIF), accessible sur notre site Web à partir de la page Nos produits et services.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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