Biocarburants : la France va pouvoir combler une partie de son retard

Paris (France), 2 février 2005 – La France va pouvoir combler une partie de son retard dans les biocarburants car le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a annoncé que le gouvernement avait donné son agrément à une production supplémentaire de 800 000 tonnes d’ici à 2007.

Cette annonce ne satisfait cependant pas entièrement les milieux agricoles.

Ces nouveaux contingents, soit 480 000 tonnes dans la filière diester (pour l’incorporation dans le gasoil) et 320.000 dans la filière éthanol (pour l’essence), s’ajouteront aux contingents actuels de 450 000 tonnes, a précisé le ministère de l’Agriculture.

La production française de biocarburants atteindra ainsi d’ici à 2007, entre 1,2 et 1,3 million de tonnes.

Le diester est fabriqué à partir de cultures oléagineuses (colza et tournesol en France), l’éthanol est dérivé du blé et de la betterave et bientôt du maïs en France, de la canne à sucre au Brésil et du maïs aux Etats-Unis.

« L’Etat lancera une seconde étape après 2007 pour se conformer à l’objectif de 5,75% de biocarburants à l’horizon 2010 », a précisé le ministère de l’Agriculture.

Mais les organisations agricoles auraient souhaité un engagement plus prolongé du gouvernement.

Le responsable du dossier éthanol pour les producteurs de blé, de maïs et de betteraves à sucre, Alain Jean Roy, a ainsi estimé que ce premier plan allait « permettre à la production d’éthanol de prendre son essor », mais a estimé qu’il restait « très limitatif ».

Les trois organisations de producteurs intéressées vont prendre contact avec le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau pour envisager un nouveau plan pour réaliser l’objectif de 5,75% d’éthanol dans l’essence en 2010.

En effet, ont-elles jugé, « il nous semble totalement irréaliste d’attendre 2007. Il faut décider maintenant les investissements dans des unités nouvelles qui commenceront à être en production après 2007 ».

Pour Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), « il est important que le Premier Ministre confirme enfin ses engagements ».

« C’est pour nous à la fois le moyen de soutenir notre agriculture, de montrer notre agriculture capable d’innovation, de montrer aussi que nous sommes capables de tenir les engagements de Kyoto et l’occasion de rapprocher agriculture et environnement », a souligné M. Raffarin au ministère de l’Agriculture.

Les appels d’offres européens pour l’octroi de ces nouveaux contingents seront adressés dès jeudi à la Commission européenne à Bruxelles, a également précisé le Premier ministre.

Ensuite devrait être lancé la construction de « l’équivalent » de quatre usines, d’une capacité de 200.000 tonnes par an chacune, selon les professionnels du secteur.

Le plan annoncé mercredi permettra d’éviter l’émission de l’équivalent de 3 millions de tonnes de CO2, contribuant ainsi à la lutte contre l’effet de serre.

Les biocarburants étant plus chers à produire que l’essence ou le gazole, ils bénéficient d’exonérations fiscales. Il s’agit d’exonérations partielles de TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers).

Le coût pour l’Etat de ces nouveaux agréments s’élèvera à environ 320 millions d’euros. Ils viendront s’ajouter aux 170 millions d’euros actuels, a précisé le ministère de l’Agriculture.

Source : AFP

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