Budget attribué à l’agriculture en France : Bussereau satisfait, les syndicats mécontents

Paris (France), 29 septembre 2005 – Le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau s’est estimé satisfait de l’« effort significatif pour l’agriculture » contenu dans le budget 2006, mais les syndicats agricoles ont déploré qu’il ne parvienne qu’à « accompagner » la diminution du nombre de paysans en France.

L’ensemble des crédits du ministère de l’Agriculture s’élève en 2006 à 5,011 milliards d’euros, soit +2,5% par rapport à 2005 (4,89 mds EUR), a souligné M. Bussereau lors d’une conférence de presse, en détaillant son budget selon la nouvelle la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) qui en modifie la présentation.

Les seuls crédits dédiés à la « mission » agriculture, pêche, forêt et affaires rurales – soit 2,95 milliards d’euros pour 2006 – sont en diminution de 1% sur 2005, le solde se retrouvant dans d’autres missions (enseignement, recherche et sécurité sanitaire).

La forte diminution des effectifs du ministère – qui passe à 39.914, sous la barre symbolique des 40 000 employés – contribue, selon M. Bussereau, à la maîtrise des dépenses publiques. Le solde négatif de pertes d’emplois en 2006 se monte à 1.136 personnes.

Le ministère de l’Agriculture souligne que le nombre d« équivalents temps pleins travaillé » concerné est uniquement de 680 (soit 200 départs en retraite non remplacés, 225 vacataires non renouvelés et 255 personnes transférés dans des établissements publics).

La « réduction du train de vie du ministère » va d’ailleurs se poursuivre, selon M. Bussereau, avec la mise en vente d’une partie de « l’important patrimoine immobilier », notamment des locaux, parfois situés dans les beaux quartiers parisiens, des offices agricoles, une fois que ceux-ci auront été regroupés à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

M. Bussereau a justifié la disparition de l’Agence de développement agricole et rural (ADAR) par « le risque de prise illégale d’intérêt » pour les membres du conseil d’amnistration qui étaient en mesure de bénéficier de crédits de sa part.

La FNSEA, le principal syndicat, a affirmé dans un communiqué que « tout en prenant acte des quelques améliorations apportées, elle reste inquiète quant à la faiblesse des dotations budgétaires, eu égard à l’ampleur des enjeux et des besoins de l’agriculture ».

Pour Jean-Jacques Bailly, de la Confédération Paysanne, « ce budget comporte surtout de nombreuses restrictions qui touchent la fonction publique et le monde associatif » et la mesure d’aide à l’assurance-récolte privée ne profite qu’aux « agriculteurs qui ont les moyens de s’assurer ».

Le président de la Coordination Rurale François Lucas a estimé que « le budget est pavé de bonnes intentions mais sert uniquement à l’accompagnement de la diminution des exploitants agricoles en France ».

« Six mille dotations pour aider les jeunes agriculteurs ne suffisent pas à assurer le renouvellement des générations agricoles », a déploré M. Lucas.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Confédération paysanne
http://www.confederationpaysanne.fr/

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

Ministère de l’agriculture et dela pêche de la France
http://www.agriculture.gouv.fr

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