Cap sur une meilleure utilisation de l’azote

PHOTO : André Dumont

Comment défoncer la barrière des 10 Tm/ha dans le maïs et s’approcher des 19 Tm/ha (300 boisseaux à l’acre)? Les chercheurs des secteurs public et privé croient détenir une partie de la réponse : par une utilisation plus efficace de l’azote.

Dans un article sur Corn & Soybean Digest, l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’azote par les plantes est identifiée comme le prochain grand défi à relever en agriculture en ce début de 21e siècle.

L’accroissement de l’efficacité de l’utilisation de l’azote ne fera pas seulement augmenter les rendements. Cela se traduira aussi par moins de pertes dans l’environnement.

D’après le USDA, la quantité d’azote appliquée par superficie cultivée a presque doublé entre 1965 et 2010. Parallèlement, les hybrides de maïs semblent mieux utiliser l’azote offert. Des chercheurs de l’Université Purdue ont démontré que le maïs d’aujourd’hui produit 22 % plus de grain qu’en 1940 avec la même quantité d’azote.

D’une part, l’efficacité de l’azote dépend des éléments de régie que contrôle le producteur : le choix du fertilisant azoté, la bonne dose, le moment et l’emplacement de l’application, ainsi que la population visée, les rotations et le type de travail du sol.

Du côté de la plante, il est beaucoup plus difficile de déterminer ce qui influence son prélèvement de l’azote et l’usage qu’elle en fait. On sait par contre que le maïs n’utilise pas tout l’azote disponible, que ce soit celui du sol ou celui apporté par une application minérale.

À ce jour, les efforts d’amélioration de la génétique des hybrides de maïs ne se sont pas concentrés sur l’utilisation efficace de l’azote. En fait, il demeure encore difficile de déterminer si un plant de maïs fait bon usage de l’azote. Ses feuilles peuvent être bien vertes – signe qu’il obtient tout l’azote nécessaire –, mais cela ne se reflète pas nécessairement dans le rendement en grain.

La recherche sur l’efficacité de l’utilisation de l’azote se concentre sur trois aspects : les racines et leur prélèvement de l’azote dans le sol, le déplacement de l’azote dans la plante et la conversion de l’azote en protéines à l’intérieur de la plante.

On en est encore à un stade exploratoire, mais d’ici 10 ans, il se pourrait très bien que des semences soient vendues en mettant de l’avant l’efficacité de l’utilisation de l’azote.

Lire l’article sur Corn & Soybean Digest (en anglais)

 

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