Chine: la grippe aviaire existait chez les porcs dès 2001, l’OMS inquiète

Pékin (Chine), 26 août 2004 – La Chine a déclaré que le virus de la grippe aviaire existait chez des porcs dès 2001, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lui demandait d’examiner si cela marquait le début d’une mutation de la maladie vers une forme plus dangereuse pour l’homme.

Le chef des services vétérinaires nationaux, Jia Youling, a dit que le H5N1 avait été trouvé il y a deux ans dans des échantillons prélevés en 2001.

Une autre souche du H5N1 a été découverte cette année dans un échantillon datant de 2003, a ajouté le responsable vétérinaire du ministère de l’agriculture, Yu Kangzhen, lors d’une conférence de presse commune.

Vendredi dernier, la directrice d’un grand laboratoire chinois avait provoqué l’émoi en indiquant que, pour la première fois au monde, le virus H5N1 avait été découvert chez des porcs, en 2003 dans la province du Fujian.

Le virus est responsable d’une épidémie dans différents pays d’Asie qui a tué des millions de volailles mais aussi fait 27 morts cette année chez l’homme au Vietnam et en Thaïlande.

L’épidémie asiatique fait redouter la rencontre des virus de la grippe aviaire et de la grippe humaine classique, d’où pourrait émerger un nouveau virus susceptible de déclencher chez l’homme une épidémie planétaire, à l’instar de la grippe espagnole qui fit plus de 20 millions de morts au XXe siècle.

En raison de leur matériel génétique proche de l’homme, les porcs sont considérés comme un intermédiaire idéal pour ces mariages à risque entre virus humains et animaux.

Les responsables chinois ont cependant affirmé jeudi n’avoir rien fait de mal en n’alertant pas la communauté internationale dès la découverte en 2002 de la présence du H5N1 chez le porc.

« Dans le monde entier, des universitaires écrivent chaque année de nombreux rapports de recherche et il n’y a pas d’organisation concernée indiquant que lorsque vous découvrez un virus vous devez le signaler aux organisations internationales », a dit M. Jia.

La conférence de presse pour les correspondants étrangers a eu lieu peu après que l’OMS eut publié un communiqué appelant la Chine et d’autres pays à intensifier leurs recherches sur une question qui inquiète les responsables sanitaires dans le monde.

« Pour mieux comprendre les implications des découvertes en Chine, l’OMS encourage la réalisation d’études supplémentaires sur le H5N1 et autres virus de la grippe en Chine, de même que dans les autres pays qui ont souffert de flambées de grippe aviaire de type H5N1 », dit le communiqué.

L’OMS ajoute que des expériences en laboratoire sont nécessaires pour déterminer si l’infection chez le porc marque le premier stade d’une mutation du virus vers une forme plus contagieuse pour l’homme.

« Ces résultats vont aider les responsables sanitaires nationaux et internationaux non seulement à estimer le rôle que jouent les porcs et les hommes dans l’émergence d’un nouveau virus pandémique de la grippe à partir du H5N1, mais aussi à structurer les interventions de santé publique nécessaires », ajoute le communiqué.

Bien que le H5N1 eut été auparavant découvert uniquement chez des volailles, l’OMS estime dans son communiqué qu’il est « inévitable » qu’il gagne les porcs en raison de la capacité des virus de la grippe à franchir la barrière des espèces.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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