Colloque de l’Union forestière paysanne

Amqui (Québec), 25 avril 2005 – L’Union Forestière Paysanne a tenu une rencontre le samedi 23 avril à l’hôtel de ville de Amqui pour discuter des différents modèles alternatifs de gestion forestière à mettre en place au Québec. L’Union Forestière Paysanne répond ainsi au gouvernement Charest, au Ministre Pierre Corbeil et à la sous-ministre responsable de l’application des recommandations de la Commission Coulombe, Paule Têtu, qui demandent des solutions concrètes pour réduire les effets des récentes diminutions des volumes de coupes.

Les maires de Amqui, Géatan Ruest, et de Saint-Léon Le grand, Michel McNicoll, des producteurs forestiers, des représentants de MRC, de la chaire de recherche sur la forêt habitée, du comité de citoyen PENSE, d’associations de chasse et pêche, des entrepreneurs et de propriétaires forestiers ont assisté à des présentations ayant pour but d’outiller une réflexions pour développer une proposition, très concrète et bien assise sur les réalités terrains, sur la façon dont des projets de forêts habitées, et autres modèles alternatifs, pourraient voir le jour à court terme.

Pierre Dubois, ingénieur forestier, syndicaliste et auteurs du Livre Les vrais Maîtres de la Forêt, Robert Eichenberger, promoteur de projets éco-forestiers, Marie-Élise Roy, biologiste et étudiante à la maîtrise à l’Université Laval, Gérard Szaraz, ingénieur forestier ayant oeuvré dans diverses initiatives de forêt habitée au Québec et ailleurs, ainsi que François Villemaire, ingénieur forestier et coordonnateur de la forêt habitée du Mont Gosford, ont favorisé la réflexion qui a conduit à des pistes de solutions.

Nous avons pu ainsi situer la recherche de solutions dans leur contexte historique où les industriels ont été et sont encore les principaux intervenants de notre régime forestier. La forêt habitée et les fermes forestières n’ont jamais vraiment reçu l’appui politique nécessaire. À preuve, le parcours avorté de la forêt habitée où les gouvernements n’ont jamais réellement apporté les outils nécessaires au développement d’une foresterie où les acteurs locaux sont les véritables gestionnaires des ressources locales. Dans le contexte où la Comission Coulombe recommande l’appui à des projets de gestion locale de la forêt et que nous savons que la de forêt habitée peut-être générateur de succès, nous formulons un plan de travail concret, se détallant en deux points :

Notre revendication
Déçue par les gouvernements qui persistent à laisser plus de 97% de la gestion de la forêt publique aux grandes entreprises privées, l’union Forestière Paysanne demande au gouvernement qu’il remettre la gestion de forêts à proximité des centres habités à des corporations inclusives locales et régionales. La gestion de ces forêts, par les représentants de la population et des usagers, se fera selon des principes de durabilité et multi-ressources. Nous croyons que les utilisateurs ne doivent pas qu’être consultés à l’occasion, sinon participer directement, avec un pouvoir décisionnel équilibré, à la gestion de ces forêts de proximité. Le gouvernement, par le biais du Ministère des Ressources Naturelles et de la Faune devrait outiller les différentes corporations de gestion pour s’assurer de la réussite de ces projets.

Dans ce contexte, les représentants de Amqui sont décidés à poursuivre leurs démarches et demandent l’aide du gouvernement en vue d´acquérir la Dunière, une propriété forestière dont la multinationale américaine Bowater désire se départir, évaluée à plus de 30 millions de dollars. La Dunière est un territoire forestier de 61 000 hectares de forêt situé dans la partie nord-est de la MRC de La Matapédia. Cette superficie représente l´équivalent de 1500 lots, ainsi qu´une récolte résineuse annuelle estimée à environ 150 000 mètres cubes. Cette zone forestière renferme également une forte concentration d´orignaux. Les retombées annuelles de la chasse de ce territoire sont évaluées à 400 000 $. Tous les travaux d´aménagement et de coupe forestière de la Dunière devraient être exécutés par des entreprises et une main d´oeuvre locales et généreront de l’emploi à 70 personnes.

Notre action
De plus, les producteurs forestiers privés, déçus par les multiples intermédiaires du processus de commercialisation de leurs produits, qui réduisent d’autant leurs revenus ont décidé de travailler à la mise en place d’un réseau alternatif. Ce réseau de producteurs regroupés au sein de l’Union Forestière Paysanne, commercialiseraient directement leurs produits forestiers aux consommateurs en offrant l’assurance de la saine gestion des forêts et permettant le développement d’une véritable foresterie paysanne grâce au contact entre consommateurs et producteurs.

L’Union Forestière Paysanne entend continuer de parcourir le Québec pour organiser des rencontres où les forestiers, les élus et les citoyens pourront faire valoir leurs revendications sur la gestion de leur forêt. Notre organisation a pour but la promotion des alternatives durables et concertées, à la gestion traditionnelle des forêts, par la création de liens entre les différents projets novateurs et la valorisation du travail forestier.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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