Comment garder le phosphore dans le champ

Les producteurs de l’Ontario savent que les pratiques de conservation des sols et le semis direct préviennent l’érosion et sont très efficaces pour empêcher le phosphore (P) d’atteindre les cours d’eau. Il en va tout autrement au Manitoba où le lessivage de phosphore est plus important en semis direct qu’en travail conventionnel, selon Don Flaten, chercheur à l’Université du Manitoba. La différence de climat explique cette situation.

Selon le chercheur, les conditions en Ontario permettent au P d’atteindre les cours d’eau principalement accrochés sur les particules de sol. L’impact des gouttes de pluie sur le sol nu déloge les particules et les rend susceptibles à l’érosion. Toutes les techniques qui permettent de maintenir le sol couvert de résidus ou qui interceptent les particules de sol dans leur trajet vers les cours d’eau sont souhaitables. L’aménagement de voies d’eau engazonnées et de bandes riveraines est une solution pour réduire leur ruissellement.

La situation est très différente au Manitoba où les conditions sont plus sèches et plus froides. Le printemps est la période qui occasionne le plus de problèmes. Les particules de sol restent au champ, car il est encore gelé. Mais le P soluble contenu dans les résidus est emporté par la fonte des neiges. Puisqu’il y a dix fois plus de P dans les résidus que dans le sol, le semis direct et autres techniques de conservation augmentent le contenu en P des cours d’eau, selon Don Flaten. La seule façon de réduire les pertes de P est de recueillir l’eau dans des bassins de rétention et de l’utiliser plus tard pour irriguer des champs de foin.

Les pratiques de conservation des sols et le semis direct sont très efficaces pour réduire les pertes d’azote et pour retenir le sol en place. Le chercheur encourage les producteurs à continuer le semis direct, mais à travailler sur la gestion du P pour minimiser ses effets négatifs.

Source : Ontario Farmer

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