Commerce: Bush va devoir convaincre les Européens de ses bonnes intentions

Washington (États-Unis), 8 juin 2001 – Le président américain George W. Bush va devoir convaincre les dirigeants de l’Union européenne, qu’il va rencontrer le 14 juin à Goeteborg (Suède), de ses bonnes intentions en matière commerciale.

Sa décision d’ouvrir une enquête sur d’éventuelles importations déloyales d’acier aux Etats-Unis a jeté une ombre sur une ligne d’horizon qui s’éclaircissait sensiblement depuis son entrée en fonctions en janvier.

Le règlement des différends sur la banane et sur le gluten de blé et de maïs incitait les Quinze à espérer une poursuite du dégel dans les relations commerciales avec Washington.

Il ne semblait rester au rayon des désaccords profonds que le boeuf aux hormones américain dont l’UE refuse toujours l’importation.

La question des aliments génétiquement modifiés (OGM) fait l’objet de discussions sur la base de la nouvelle directive européenne d’avril, Bruxelles et Washington essayant de trouver un terrain d’entente sur l’étiquetage et la traçabilité des produits américains qui seraient vendus en Europe.

L’ouverture de l’enquête sur l’acier a été particulièrement mal accueillie et le commissaire européen au Commerce extérieur, Pascal Lamy, l’a qualifiée de « mauvaise nouvelle ».

Elle risque également de dresser certains pays en développement contre les Etats-Unis au moment où Européens et Américains tentent de les convaincre de la nécessité d’ouvrir un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

La prochaine réunion de l’OMC pour décider de l’ouverture de ce cycle est prévue pour novembre à Doha (Qatar) et, pour l’instant, aucun accord ne semble se dessiner sur son agenda.

Washington plaide pour un ordre du jour concentré à Doha, souhaitant éviter une répétition de l’échec de la réunion de Seattle (Etats-Unis) fin 1999 où l’Union européenne et les Etats-Unis n’étaient pas parvenus à se mettre d’accord.

« Nous préférons un ordre du jour plus concentré. De cette façon, beaucoup des pays en développement et les Etats-Unis ont de nombreux intérêts en commun », a déclaré récemment le représentant américain pour le Commerce, Robert Zoellick.

Les Européens sont plutôt favorables à des négociations plus larges incluant des questions telles que l’environnement, l’investissement, la concurrence et le social. Certains pays de l’UE ont également des « points durs » tel la France sur l’agriculture ou sur le volet culturel.

L’environnement reste un sujet chaud après la décision de George W. Bush de rejeter le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui n’a pas du tout été appréciée de la grande majorité des pays de l’UE.

Autre sujet de désaccord, même s’il déborde quelque peu le cadre de l’UE, celui de la lutte contre les paradis fiscaux qui fait actuellement l’objet de discussions au sein de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Celle-ci a fixé à la fin juillet un ultimatum aux pays soupçonnés d’être des paradis fiscaux pour collaborer et clarifier leur système fiscal sous peine de sanctions.

Mais Washington semble se désolidariser de cette approche et le secrétaire au Trésor américain Paul O’Neill a mis en garde en mai l’OCDE contre toute velléité de décider d’un taux minimal d’imposition pour lutter contre l’évasion fiscale.

Source : AFP

Commentaires