Conférence des ministres de l’agriculture : réaction de l’UPA

Québec (Québec), 17 novembre 2006 – « Malgré la crise des revenus agricoles, malgré les difficultés récurrentes du secteur céréalier, malgré le constat d’échec de la politique agricole canadienne qui ne fait pas le poids avec les autres pays, rien n’a été proposé durant cette rencontre pour assurer le redressement de notre agriculture. Tout ce qui en ressort, c’est l’annonce d’une autre consultation qui repousse encore une fois les vraies décisions, les vrais gestes. »

C’est en ces termes que s’exprimait M. Laurent Pellerin, président de l’Union de producteurs agricoles (UPA), nettement déçu de la conférence fédérale provinciale des ministres de l’agriculture qui se tenait à Calgary cette semaine.

« Nous avons rencontré les députés et les ministres québécois, nos homologues des autres provinces ont fait de même. Ensemble, nous nous sommes rendus par milliers sur la colline parlementaire pour presser Ottawa de mettre en place une véritable politique agricole canadienne qui réponde aux besoins des agriculteurs. Nous avons même proposé un nouveau programme au ministre fédéral de l’Agriculture, des solutions concrètes, qui font consensus au sein des agriculteurs, d’un bout à l’autre du Canada. Nous avons envoyé des cartes postales aux députés et aux ministres fédéraux. Nous leur avons expédié des poches de grains en réitérant nos messages. Nous avons déversé des camions entiers de céréales. Après tous ces efforts, on se retrouve à la case départ! »

Sur le plan de la gestion des risques, le gouvernement fédéral a signalé, au terme de la conférence ministérielle, la conclusion d’une entente sur un « cadre distinct d’indemnisation en cas de catastrophe ». Le ministre se garde bien, toutefois, d’élaborer sur sa nature, sur l’enveloppe budgétaire qui y sera consacrée et surtout, sur son administration. « Une annonce bien creuse, qui nous laisse pour le moins perplexes, alors que l’on sait très bien qu’il y a une divergence profonde entre le fédéral et les provinces sur le financement d’un tel programme, le nerf de la guerre! », de souligner le président de l’UPA. Une telle attitude n’apporte rien de plus aux producteurs de grandes cultures touchés par les lourdes subventions américaines de même qu’aux producteurs de pommes de terre concernés par le nématode doré, qui goûtent durement à la médecine fédérale depuis quelques mois. Voilà un exemple patent du peu de sensibilité du gouvernement Harper aux réalités vécues par les agriculteurs québécois et canadiens.

Pour le président de l’UPA, « La survie du secteur agricole n’est possible que dans la mesure où Ottawa soutiendra adéquatement les producteurs par des politiques efficaces et des mesures de protection du revenu adéquates, particulièrement pour les secteurs en difficulté. Le temps n’est plus aux consultations, il est grandement temps d’agir », de conclure M. Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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