Congrès de l’UPA : Il faut remettre le commerce mondial au service de l’alimentation »

Québec (Québec), 2 décembre 2008 – « Il faut remettre le commerce mondial au service de l’alimentation et faire en sorte que l’alimentation cesse d’être au service du commerce mondial », a plaidé Christian Lacasse, président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), à l’occasion de son discours annuel prononcé lors du congrès général de l’UPA, qui se tient à Québec jusqu’au jeudi 4 décembre inclusivement.

Au moment où une ixième conférence de la dernière chance se profile à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le président de l’UPA s’en est pris aux politiques de l’OMC, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), des règles qui selon lui ont détruit l’agriculture vivrière des pays pauvres, fragilisé les agricultures du Nord, détérioré la qualité de l’offre alimentaire, augmenté le transport des aliments et miné la capacité des peuples à contrôler leur alimentation.

« Le résultat de tout ça, on le récolte à présent avec la résurgence de la crise alimentaire mondiale, de déplorer Christian Lacasse. Un milliard d’êtres humains, sinon davantage, souffrent de la faim actuellement sur la planète, un milliard de personnes dont la très vaste majorité sont des ruraux comme nous. En tant qu’agriculteurs et agricultrices, on ne peut pas rester indifférents à ce phénomène! »

« Il y a quelques années, l’UPA était parmi les rares à sonner l’alarme, on passait presque pour des esprits rétrogrades, a-t-il rappelé. On nous présentait les règles de l’OMC comme la panacée à tous les maux de l’humanité. Bill Clinton lui-même, de souligner Christian Lacasse, a récemment exhorté les gouvernements à reconnaître l’échec de toutes ces politiques et celui d’avoir cru, à tort, que la nourriture est un produit comme les autres sur le marché international. »

Heureusement, soutient le président de l’UPA, « les perceptions ont changé, et la crise alimentaire aura eu le mérite de servir un électrochoc planétaire qui aura pavé la voie à cette prise de conscience ». Selon lui, il faut maintenant « faire triompher l’idée que l’agriculture et l’alimentation sont des secteurs beaucoup trop importants pour les laisser aux seuls intérêts du marché, des commerçants et des multinationales. »

« L’OMC, a-t-il soutenu, ne peut se placer au-dessus des droits fondamentaux, dont celui à l’alimentation ». Le temps est venu, plaide Christian Lacasse, de revoir la stratégie mondiale touchant le développement de l’agriculture et du monde rural, de proposer une approche plus équilibrée permettant à tous les pays de protéger leur agriculture, leurs aliments de base de même que la vitalité de leur milieu rural et de favoriser un commerce mondial des denrées agricoles qui soit le plus jute possible de façon à commercer équitablement, notamment en évitant le dumping.

Pour ce faire, l’UPA met de l’avant le concept de souveraineté alimentaire, soit le droit des pays de décider de leurs propres politiques agricoles et agroalimentaires. Pour le président de l’UPA, le Canada devrait même, vu ses traditions de coopération internationale, jouer le rôle d’un chef de file à cet égard, en plaidant l’exception agricole au même titre qu’il a plaidé l’exception culturelle. Il en va de la survie de notre agriculture selon lui.

« À l’heure où les gens se préoccupent de plus en plus de consommation responsable et des incidences de leurs choix alimentaires au plan environnemental et social, je suis absolument convaincu, a-t-il conclu, que l’avenir de l’agriculture se trouve dans la souverenaité alimentaire, une avenue qui redonne aux agriculteurs et aux consommateurs le sentiment de s’appartenir, de maîtriser leur destin et non d’être à la merci des grands intérêts de ce monde qui manigancent derrière des portes closes

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fonds monétaire international (FMI)
http://www.imf.org/

Organisation mondiale du commerce (OMC)
http://www.wto.org/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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