Connaissez-vous Aphanomyces?

*Texte de Christian Duchesneau

Et non, ce n’est pas le nom d’un grand pharaon… C’est plutôt le nom d’un champignon pathogène responsable du pourridié de la luzerne, de son vrai nom Aphanomyces euteiches. Vous savez combien ça vaut de points au scrabble un nom comme celui-là? 41 points. Donc, je ne vous demanderai certainement pas de retenir son nom en entier mais retenez seulement Aphanomyces puisque vous risquez fortement d’en entendre parler dans un avenir plus ou moins rapproché…

Cette maladie fongique est considérée comme l’une des principales maladies des pousses de luzerne, notamment dans les sols humides et mal drainés. Elle s’attaque également aux plants de luzerne complètement développés. Elle peut donc nuire énormément au rendement et à la vigueur des peuplements établis.

Les conséquences de l’attaque de ce champignon sont assez sévères…car elle peut provoquer la mort des nouveaux plants ou générer une faible croissance des plants de luzerne existants. Les plants infectés par Aphanomyces jaunissent et meurent et restent turgescents pour quelques jours.

Sa présence est confirmée dans une grande partie du Midwest et du Nord-Est des États Unis, ainsi qu’en Ontario. Et il est fort probable qu’on sous-estime son importance comme pathogène de la luzerne au Québec.

Sur la photo ci-dessous, voyez ce qui arrive à une plantule infectée par Aphanomyces mais qui a survécu…

champignon luzerneÀ gauche, une variété infectée avec Aphanomyces et à droite, une variété résistante. Les plants de gauche resteront jaunes et garderont un retard de croissance car les racines secondaires sont souvent pourries ou même absentes. Les plants ont également peu de nodules rhizobiens. Comme leur système racinaire est mal développé, les peuplements de luzerne infectés supportent très mal les longues périodes de temps sec.

Une chose importante à retenir concernant cette infection: les champs infectés sont susceptibles de rester infectés et d’avoir un faible rendement pour toute la vie du peuplement. Cet organisme peut donc survivre dans le sol pendant de longues périodes.

Comment peut-on éviter cette maladie?

Et bien, on prévient l’apparition d’Aphanomyces en employant des variétés résistantes comme on l’a fait pour le pourridié phytophthoréen. À faire attention cependant, puisqu’on a identifié deux isolats d’Aphanomyces, la race 1 et la race 2, la seconde étant plus virulente que la première. Mais bonne nouvelle, il existe sur le marché québécois des variétés résistantes à la fois aux races 1 et 2. Donc, tout n’est pas perdu!

Ce texte a été écrit par Christian Duchesneau, en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères.

Sources :
Aphanomyces Race 2 in Alfalfa, Extension Cooperative Extension, Dan Undersander, agronome, Université du Wisconsin.

Bulletin Grandes Cultures, Le pourridié de la luzerne dû à Aphanomyces, Joel Bagg -spécialiste des fourrages/MAAARO.

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