Crise des pêches : Québec fournira une aide d’urgence

Québec (Québec), 14 mai 2003 – Le ministre de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, M. Claude Béchard, et sa collègue de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Mme Françoise Gauthier, réclament l’intervention urgente du gouvernement fédéral afin d’atténuer les effets de la crise provoquée sur la Basse‑Côte-Nord par l’imposition d’un moratoire complet sur la pêche à la morue et au crabe. Cette crise affecte les 500 pêcheurs, aides-pêcheurs et travailleurs d’usine de cette partie de la Côte-Nord.

Les ministres québécois demandent au gouvernement fédéral d’adopter immédiatement les mesures suivantes :

  • Tout d’abord, la mise en place, dans les prochains jours, des programmes ou mesures temporaires de création d’emplois déployés à titre de mesures compensatoires suite à l’adoption du moratoire sur la morue et d’un programme comparable pour la clientèle affectée par le moratoire sur la pêche au crabe;
  • la modification des critères d’admissibilité et la majoration de l’enveloppe de 14 M$ prévue sur deux ans par le gouvernement fédéral pour l’ensemble du Québec, et ce, à titre de compensation suite au moratoire sur la morue; les ministres considèrent cette aide comme nettement insuffisante pour atténuer le choc du moratoire dans les communautés maritimes;
  • l’instauration d’un programme de compensation pour les personnes et les communautés affectées par le moratoire complet sur la pêche au crabe;
  • le cofinancement, avec le gouvernement du Québec, des projets de diversification de l’économie des régions maritimes qui ne peuvent plus compter sur le poisson de fond pour générer des emplois.

    M. Béchard et Mme Gauthier offrent leur pleine collaboration à leurs vis-à-vis fédéraux dans la mise en oeuvre de ces mesures d’urgence. De plus, afin de faciliter l’implantation de ces mesures et pour palier au plus pressant, le gouvernement du Québec accorde pour sa part, et sans attendre, une aide aux pêcheurs, aides-pêcheurs et travailleurs d’usine qui sont sans revenu depuis la fin de leur prestation d’assurance-emploi de même qu’aux propriétaires de bateaux et d’équipements de pêche.

    Ainsi, Emploi-Québec accordera, à compter du lundi 19 mai, et pour une durée de trois semaines, une allocation de formation équivalant au même montant que la prestation d’assurance-emploi que ces pêcheurs, aides-pêcheurs et travailleurs d’usine recevaient jusqu’à tout récemment. Pour bénéficier de cette allocation, ceux-ci devront participer à des activités de formation. L’aide pouvant atteindre 500 000 $ sera puisée à l’intérieur du programme de professionnalisation des pêcheurs et aides-pêcheurs du Québec, auquel Emploi-Québec consacrera 2 M$ en 2003-2004, programme qui sera accéléré sur la Basse-Côte-Nord. Pour les travailleurs d’usine, des activités de formation en lien avec leur travail de même que des activités de formation de base seront mises en place dès le début de la semaine prochaine.

    Pour sa part, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation entend accorder un soutien financier aux pêcheurs, qui assurera le paiement des intérêts sur les prêts maritimes qu’ils détiennent ainsi que le coût annuel des assurances. Cette mesure s’applique également à tous les pêcheurs affectés par le moratoire sur la morue. Également, le ministère suspend les frais d’hivernage des bateaux aux centres de service de Blanc-Sablon et La Tabatière pour les pêcheurs affectés par un moratoire. Cette aide pourrait atteindre la somme de 815 000 $.

    Mme Gauthier a également fait des représentations auprès de son homologue fédéral responsable des pêches, M. Robert Thibault, afin que ce dernier accorde aux pêcheurs de la Basse-Côte-Nord trois dispositions qui leur permettraient de mieux affronter la conjoncture. Il s’agit notamment d’octroyer à ces communautés un quota de crevette du nord, un de loup marin et un accès à la zone 16 A pour le crabe des neiges.

    Les ministres rappellent, par ailleurs, qu’il y a urgence d’agir en matière de diversification économique dans les régions maritimes du Québec. En ce sens, ils se montrent disposés à analyser avec une grande célérité tout projet visant à mettre en valeur le potentiel de développement de la Côte-Nord et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et invite le gouvernement fédéral à y apporter sa contribution.

    Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

    Agriculture Canada
    http://Aceis.AGR.CA/

    Ministère de la Solidarité sociale
    http://www.mss.gouv.qc.ca/

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