Croissance des exportations manitobaines tiédie par le secteur agroalimentaire en 2005

Winnipeg (Manitoba), 29 avril 2005 – Selon les plus récentes perspectivesprovinciales d’Exportation et développement Canada (EDC), le Manitobaaffichera en 2005 une solide performance dans plusieurs secteurs industrielsclés, ce qui portera la croissance globale de ses exportations à 4 %, soit untaux supérieur à la moyenne nationale. Le tableau serait encore plus favorablesi ce n’était de la tiédeur des projections dans le secteur agroalimentaire,qui freinera l’élan de la province.

« En 2004, le temps froid et les pluies qui se sont abattus durant la saison de croissance ont affecté le rendement et la qualité des récoltes », fait remarquer Stephen Poloz, premier vice président et économiste en chef à EDC. « Les récoltes de céréales et d’oléagineux seront toutefois meilleurescette année, ce qui, conjugué à des prix mondiaux vigoureux, fera augmenterles exportations du secteur agroalimentaire de 10 % l’an prochain. »

Le maintien des droits antidumping qui frappent les exportationscanadiennes de porcelets sevrés et de porcs de boucherie, ainsi quel’injonction interdisant la réouverture de la frontière américaine aux bovinsde moins de 30 mois, continuent de nuire aux exportateurs manitobains debétail vivant. Ces obstacles se révèlent toutefois bénéfiques pour l’industriecanadienne de la viande préparée. L’agrandissement d’anciennes installationset l’ouverture de nouvelles ont fait croître de 24 % la capacité d’abattagecanadienne en 2004, qui devrait connaître une expansion supplémentaire de 15 %durant la période de prévision. Des subventions fédérales et provincialesencouragent en outre les producteurs manitobains à intensifier davantage cettecapacité, qui demeure somme toute modeste. De plus, la poursuite de cetteexpansion demeure justifiée dans l’optique d’une éventuelle levée desbarrières américaines puisqu’une interdiction continuera probablement des’appliquer au bétail plus âgé.

« En 2005, la résilience des secteurs de la transformation alimentaire,des biens industriels, de la machinerie et de l’équipement et des technologiesde la défense aidera le Manitoba à maintenir la cadence, note M. Poloz. EDCprévoit que les ventes à l’étranger de la province augmenteront de 4 % cetteannée et de 3 % en 2006. »

Dans le secteur manufacturier, la tenue de l’industrie manitobaine desautocars devrait s’améliorer, de concert avec une reprise du secteur desvoyages. A titre d’exemple, l’installation de production de New Flyer àWinnipeg se prépare à livrer 76 autocars hybrides essence/électricité à sixvilles de la Californie. Les producteurs de pièces d’aéronefs commerciaux, quise concentrent sur le segment à valeur ajoutée élevée de la chaîned’approvisionnement canadienne, comptent également bénéficier de l’attraitsuscité par leur créneau. Il faudra toutefois que le secteur de l’aéronautiquedans son ensemble connaisse un regain.

Les activités liées à la défense – notamment le programme de constructiond’avions de combat interarmées auquel participe la société Bristol -demeureront la courroie d’entraînement du secteur manufacturier. Lesimportantes dépenses militaires qu’engageront les E. U., jusqu’en 2008 tout aumoins, pourraient générer d’autres contrats au cours des prochaines années.Pour aider l’industrie à décrocher de futurs contrats, le gouvernement duManitoba encourage le développement de technologies axées sur l’efficience.

Pour la majeure partie de 2005, la forte croissance et les bonnesconditions de crédit qui caractériseront l’économie américaine mettront àcontribution la capacité des exportateurs manitobains de machinerie etd’équipement. Comme la province se concentre surtout dans la vente de matérielagricole, les cours élevés des produits de base laissent entrevoir une pousséeprécoce des exportations de cette catégorie de machinerie. En 2006, unfléchissement de la croissance mondiale et des cours des produits de base auraun effet modérateur sur les achats d’équipements neufs ou de remplacement.

« Des cours supérieurs à la moyenne continueront d’alimenter lesexportations de métaux – nickel et zinc en tête – de préciser M. Poloz. Dansle cas du nickel, l’érosion des cours sera compensée par des ventes de nickelconcentré. Le minerai proviendra de la mine de Voisey’s Bay, au Labrador. Ilsera traité dans les installations d’Inco au Manitoba, d’où il sera exporté. »

Au poste des exportations de produits chimiques, constituées surtout deproduits pharmaceutiques, un regain est à prévoir après la piètre performancede 2004. Un risque considérable de détérioration menace toutefois ce secteuren raison de l’offensive menée par l’administration américaine contrel’industrie pharmaceutique canadienne sur Internet, un marché de 1 G CADconcentré essentiellement au Manitoba. Les pressions américaines pourraient setraduire par une législation canadienne qui interdirait une telle pratique.

A l’échelle nationale, EDC prévoit que de bons fondamentaux intérieursferont progresser l’économie canadienne de 2,4 % en 2005 et de 2,9 % en 2006,et les exportations de 3 % au cours de chacune des deux années.

On peut consulter les Prévisions à l’exportation d’EDC sur le site Web dela Société, à l’adresse suivante :http://www.edc.ca/docs/ereports/gef/EFindex_f.htm .

EDC est une société d’Etat qui offre aux exportateurs et auxinvestisseurs canadiens des services de financement du commerce extérieur etde gestion des risques sur quelque 200 marchés.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Exportation et développement Canada (EDC)
http://www.edc.ca/

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