De moins en moins de lait dans les produits laitiers canadiens : la production laitière canadienne en péril

Québec (Québec), 14 avril 2005 – « Les producteurs laitiers du Québec se réjouissent de l’appui reçu par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, M. Yvon Vallières, dans le dossier du contrôle des importations d’ingrédients laitiers ». C’est ce qu’a déclaré le présidentde la Fédération des producteurs de lait du Québec, M. Marcel Groleau, lorsd’un point de presse conjoint avec le ministre, aujourd’hui, à Québec.

MM. Vallières et Groleau ont réclamé du gouvernement fédéral qu’il prenneles mesures appropriées pour limiter ces importations qui prennent de plus enplus la place du lait canadien dans les produits laitiers fabriqués ici et quifont perdre annuellement près de 70 millions de dollars aux producteursquébécois – 175 millions pour l’ensemble du Canada.

Depuis plusieurs années, on constate une augmentation importante del’entrée de ces ingrédients laitiers – aussi appelées substances laitièresmodifiées – sur le marché canadien. Les principaux produits en cause sont desprotéines (caséines et caséinates) et des huiles de beurre. Ces produitsviennent gruger la part de marché des producteurs laitiers canadiens. Ainsi,les producteurs ont perdu 50 % du marché de la crème glacée en 10 ans à causedes importations d’huiles de beurre utilisées pour remplacer la vraie crème.On estime également que le dernier né de ces ingrédients pourrait remplacerjusqu’à trente pour cent de la production laitière canadienne.

« C’est énorme! Si rien n’est fait c’est la production laitière canadienneau complet qui disparaîtra. Le laxisme du gouvernement fédéral doit cesser. A-t-il l’intention de laisser tomber le secteur laitier comme il l’a fait avecle textile ? », interroge M. Groleau.

« Nous lui demandons d’assumer ses responsabilités et de stopperl’hémorragie conformément à ses engagements vis-à-vis des producteurs. Cettesituation fait perdre des millions de dollars aux producteurs de lait et neprocure aucun avantage aux consommateurs », a ajouté M. Groleau.

Les transformateurs laitiers canadiens profitent du laxisme dugouvernement fédéral pour importer ces ingrédients à des prix très avantageuxpuisque ceux-ci sont influencés par les subventions des pays exportateurs, enbonne partie européens. Or, contrairement à l’Europe, les producteurs laitierscanadiens ne reçoivent pas de telles subventions. Ils ne peuvent donc pasconcurrencer ces produits.

Malgré l’importation de ces « ingrédients à rabais », les transformateursne vendent pas leurs produits laitiers moins chers aux consommateurscanadiens. « Encore une fois, les intermédiaires augmentent leurs profits surle dos des producteurs et des consommateurs », dénonce le président de laFédération.

Que le gouvernement fédéral honore ses engagements
Le gouvernement canadien s’est engagé à plusieurs reprises à limiterl’entrée de ces produits afin que la gestion de l’offre, notre modèle deproduction laitière, demeure un système efficace qui bénéficie à l’ensemble dela société. Rappelons que la gestion de l’offre assure aux producteurs unrevenu stable et équitable, sans subvention, tout en bénéficiant auxconsommateurs, comme le démontre une étude récente de l’Université Laval. Ellerepose sur la planification de la production et sur un contrôle efficace duniveau des importations par le gouvernement fédéral.

Les producteurs demandent donc au gouvernement canadien d’utiliser lesrègles prévues dans les accords commerciaux pour limiter l’entrée de cesingrédients importés au pays. En invoquant l’article 28 de l’OMC, prévu à ceteffet, le Canada pourrait instituer de nouveaux contingents tarifaires quipermettraient de maintenir ces importations aux niveaux actuels et même de lesaugmenter d’un maximum de 10%.

« Nous demandons au gouvernement canadien d’utiliser le droit que luireconnaît l’OMC et de recourir immédiatement à l’article 28 afin de limiterles dégâts. En tant que défenseur de la gestion de l’offre, c’est ce qu’ildoit faire sans plus tarder. Il y a urgence! Il doit mettre un terme àl’érosion avant que des dommages irrémédiables ne soient causés », a concluM. Groleau.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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