De retour à Millau, José Bové pourfend les USA et les OGM

Millau (France), 12 août 2001 – Quelque 2000 personnes, selon la police, se sont rassemblées dimanche aux côtés de José Bové devant le McDonald’s de Millau pour protester contre la politique commerciale des Etats-Unis, les OGM et l’OMC.

Deux ans jour pour jour après le démontage du « McDo » de Millau par le chef de file de la Confédération paysanne et quelque 200 militants, ce rassemblement antimondialisation marquait pour le syndicat de José Bové le début d’une nouvelle campagne contre les OGM et l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

« Ce n’est pas un anniversaire, c’est la continuité de la bagarre », a résumé José Bové, qui est arrivé dimanche matin sur les lieux au volant d’un tracteur, pipe à la bouche.

Une dizaine de tracteurs le suivaient et ont fait halte à une cinquantaine de mètres du McDonald’s, symbole de la « malbouffe » pour le porte-parole de la Confédération paysanne.

L’établissement, gardé par une dizaine de CRS, avait fermé ses portes pour la journée de dimanche.

La manifestation, à l’initiative de la Confédération paysanne et du syndicat des producteurs de lait de brebis, s’est déroulée sans incident. Discours, pique-nique, débats sur la mondialisation et concerts de groupes occitans ont rythmé la journée, sous un soleil de plomb et dans une ambiance bon enfant.

Au nombre des manifestants figuraient notamment des membres de la Confédération paysanne, des représentants d’Attac, des syndicats Sud et CGT, mais aussi des curieux, venus initialement à Millau pour assister au Mondial de la pétanque.

Les organisateurs jugent « réussie » cette « opération médiatique et symbolique » mais la mobilisation était sans commune mesure avec le rassemblement organisé le 30 juin 2000 à Millau, lorsque 50 000 personnes étaient venues manifester leur soutien à José Bové à « Seattle-sur-Tarn ».

Le porte-parole de la Confédération paysanne a été condamné le 30 juin 2000 à trois mois de prison ferme pour le démontage du McDonald’s de Millau.

Dimanche, en début d’après-midi, seules 500 personnes restaient sur les lieux, participant à des forums de discussions sur les bords du Tarn, à 200 mètres du « McDo ».

« Dé Bush ons l’OMC »

En ligne de mire: les Etats-Unis, qui surtaxent soixante produits européens, dont le roquefort, le gouvernement français, sommé d’arracher les plantations expérimentales d’OGM, et l’Organisation mondiale du Commerce.

« Roquefort asphyxié: Dé Bush ons l’OMC », clamait une banderoule.

Washington a décidé le 1er août 1999 de surtaxer 60 produits européens en riposte au refus de l’Union européenne d’importer du boeuf aux hormones américain.

« Ni la France, ni l’Europe n’ont fait quoi que ce soit par rapport aux producteurs qui ont été pris en otages par les USA et, en même temps, l’Europe s’apprête à retourner à la table des négociations de l’OMC alors que ce tribunal inique qui a condamné l’Europe continue de fonctionner sans possibilité d’appel », a déclaré José Bové.

Selon la Confédération paysanne, les producteurs de lait de brebis pour roquefort — 2500 exploitations — ont perdu 30 millions de francs depuis deux ans.

L’OMC doit se réunir en novembre à Doha (Qatar) pour lancer un nouveau cycle de négociations sur l’agriculture et les services, deux ans après l’échec de Seattle.

José Bové a également mis en demeure le gouvernement de détruire les essais OGM en plein champ, menaçant, dans le cas contraire, de lancer des opérations-commando la semaine prochaine.

C’est dimanche à minuit qu’expire l’ultimatum lancé le 23 juillet par la Confédération paysanne au gouvernement pour l’arrachage des plants concernés.

« Si le gouvernement n’a pas mis à exécution cette destruction, la Confédération paysanne passera à l’action dès cette semaine afin de détruire ces essais qui sont une atteinte à l’environnement, aux paysans et aux consommateurs », a dit José Bové.

La Confédération paysanne s’appuie sur un récent rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) qui révèle la présence d’OGM non modifiés dans « un nombre significatif d’échantillons de semences conventionnelles » et s’interroge sur les sources de contamination possibles.

Source : Reuters

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