Dernier droit pour le Farm Bill

Jean-Philippe GervaisL’économiste agricole en chef de Financement agricole Canada, Jean-Philippe Gervais, est confiant que les politiciens américains arriveront à une entente sur la politique agricole américaine pour les prochaines années, ce qu’on appelle le Farm Bill. Jean-Philippe Gervais était l’invité du souper-causerie de l’Association des communicateurs et rédacteurs de l’agroalimentaire (ACRA) le 12 mars dernier à Longueuil.

Le précédent Farm Bill, voté en 2008, venait à échéance au premier janvier dernier, mais il a été reconduit jusqu’en septembre prochain, faute d’entente entre Démocrates et Républicains. Depuis, une deuxième proposition est sur la table.

« Je pense qu’on est capable d’arriver à une entente puisqu’on a deux propositions sur la table », prédit Jean-Philippe Gervais.

Voici le sommaire de ces deux propositions :
1. Élimination des paiements directs
2. Bonification de l’assurance-récolte
3. Soutien des prix ou du revenu à plus longue échéance pour complémenter l’assurance récolte
4. Programme de protection des marges dans le secteur laitier (gestion de l’offre ?)

Budget

Dans le contexte d’austérité économique chez nous voisins américains, chaque département (l’équivalent des ministères ici) doit couper son budget de 5%.  Le Farm Bill n’y échappe pas. Les principaux postes de dépenses du Farm Bill sont l’assurance récolte (46%), la conservation (28%) et les paiements directs (25%). Le budget total est de 19 milliards $US. Les principales économies viendront des paiements directs aux ménages (-4 à -16%) et aux agriculteurs (-19 à -24%), ainsi que la conservation (-6%). Une augmentation du budget est prévue pour l’assurance-récolte.

Secteur laitier

Un projet de « gestion de l’offre » est sur la table pour le secteur laitier qui en a arraché durant les dernières années. Pour avoir une protection de la marge, chaque producteur devra respecter le volume de production de la ferme pour lequel il a prix entente avec son acheteur. S’il augmente sa production, il devra payer une amende.

« Pour moi, ce n’est pas de la gestion de l’offre parce qu’il n’y a pas de quota ni de seuil de production, et c’est volontaire », commente Jean-Philippe Gervais.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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