Des criquets par millions

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La semaine dernière, une infestation très importante de criquets a été rapportée dans un champ de soya en semis direct à Saint-André-d’Argenteuil, dans les Basses-Laurentides.

Les populations approximatives du champ concerné sont estimées entre 50 et 100 criquets par mètre carré, selon un avis (format PDF) du Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP).

Vague de criquets
Le conseiller qui circulait en véhicule dans le champ a déclaré que les criquets se sont accumulés sur les plants en fuyant devant son véhicule, à un tel point que la marée d’insectes générée donnait l’illusion d’une grosse vague d’eau. Plusieurs criquets terminaient aussi leurs bonds sur le pare-brise.

Intervenir contre les criquets
Dans la plupart des cultures, le seuil économique d’intervention contre les criquets est 12 larves/m2, soit de quatre à huit fois moins que les populations estimées de ce champ de soya. Or, les seuils d’intervention généralement recommandés dans cette culture sont basés sur le pourcentage de défoliation, parce qu’il n’est pas facile d’évaluer les populations à cause du comportement de fuite de ce ravageur.

Dans le cas qui nous préoccupe, les criquets mesuraient en moyenne seulement 10 mm de longueur et le pourcentage de défoliation n’était pas encore important. À ce stade, les criquets causent peu de dommages et peuvent encore être contrôlés avec un insecticide à base de lambda-cyhalothrine (Matador ou Silencer) homologuée dans le soya.

Ce produit n’est pas efficace contre les adultes (ailés) qui pourraient causer plus tard beaucoup plus de dommages. De plus, cette matière active n’est pas efficace durant les journées de fortes chaleurs qui favorisent l’activité des criquets.

En présence de telles populations qui dépassent très largement les seuils établis pour d’autres cultures, il pourrait être approprié d’intervenir avant que le pourcentage de défoliation dépasse les seuils alors que les criquets sont encore au stade nymphal et faciles à contrôler.

Dommages localisés
Selon les avertisseurs du RAP, les criquets causent rarement des dommages économiques en grandes cultures au Québec. Toutefois, on rapporte presque à chaque année quelques infestations importantes. Le plus souvent, les dommages sont très localisés. Les dernières années où plusieurs infestations ont été rapportées au RAP remontent à 2007, 2003 et 1998.

En 2011, jusqu’à maintenant, d’autres infestations ont été rapportées le 22 juillet dans deux champs de soya de la région de l’Estrie et dans deux champs d’orge de la région de la Chaudière-Appalaches la semaine dernière. La présence de criquets est aussi rapportée dans quelques champs dépistés la semaine dernière pour le puceron du soya.

Surveiller les champs de soya en premier
C’est généralement dans la culture du soya que les criquets causent leurs premiers dommages durant une année d’infestation. Présentement et selon les informations que l’on possède, les criquets sont encore au stade nymphal, donc toujours facile à contrôler avec un insecticide. On recommande aux producteurs et conseillers d’être vigilants et de consulter le bulletin d’information numéro 12 du 27 juillet 2011 (format PDF) pour obtenir au besoin des informations sur le dépistage, les seuils d’intervention et les insecticides homologués contre ce ravageur en grandes cultures.

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