Des dirigeants agricoles proposent la création d’AgriFlex

Ottawa (Ontario), 20 juin 2008 – Des dirigeants agricoles canadiens ont dévoilé une proposition prévoyant la création d’un programme portant le nom d’AgriFlex, une initiative mise au point par les agriculteurs qui permettrait de combler les écarts dans les mécanismes d’aide fédéraux et provinciaux s’inscrivant dans Cultivons l’avenir, le nouveau cadre stratégique d’Agriculture et Agroalimentaire Canada.

« Les agriculteurs ont hâte de collaborer avec les gouvernements fédéral et provinciaux pour créer des partenariats à long terme qui amélioreront la santé de notre industrie de l’agriculture – un secteur qui représente 8 p. 100 du PIB du Canada », a déclaré Bob Friesen, président de la Fédération canadienne de l’agriculture. « AgriFlex s’appuie sur la série de programmes de gestion du risque de l’entreprise (GRE) proposée actuellement et vise à répondre à des besoins régionaux uniques ou à relever des défis liés à des produits spécifiques. »

M. Friesen a rendu publique la proposition de la FCA concernant la création d’AgriFlex lors du Western Canadian Farm Progress Show à Regina, où il était accompagné de dirigeants de deux organisations agricoles à vocation générale de l’Ouest : la Agricultural Producers Association of Saskatchewan (APAS) et Keystone Agricultural Producers (KAP) du Manitoba.

Le programme AgriFlex est essentiellement une enveloppe de financement à partage des coûts qui compléterait les programmes de GRE et autres qui existent déjà en permettant aux gouvernements et aux agriculteurs de mieux attribuer des fonds précis là où des écarts ont été cernés.

En prévision de la réunion du 8 juillet des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de l’Agriculture, les membres de la FCA ont souligné qu’à leur avis les gouvernements devraient être des partenaires dans la création d’investissements agricoles visant des régions et des produits particuliers, par exemple, pour fournir un soutien lorsqu’il y a une baisse temporaire des prix des denrées, pour financer des initiatives de recherche et de développement et pour améliorer les régimes d’assurance-production. La FCA a noté que les gouvernements de l’Ontario, du Québec et de l’Alberta ont déjà mis sur pied des programmes qui pourraient être intégrés à AgriFlex.

« Grâce à AgriFlex, les agriculteurs pourront faire les investissements nécessaires pour demeurer compétitifs tout en améliorant les mesures qui sont prises pour gérer les risques auxquels ils font face dans le cadre de leurs opérations. En Saskatchewan, par exemple, AgriFlex serait un excellent outil pour améliorer l’assurance-récolte », a expliqué Glenn Blakley, président de l’APAS.

« Le meilleur moment pour élaborer ces types de solutions proactives est lorsqu’il y a une stabilité relative », a affirmé Ian Wishart, président de KAP. « Nous avons de la chance en ce sens que les prix sont bons pour certains produits, surtout dans le secteur des céréales et des oléagineux, mais il est impératif de reconnaître que le marché est devenu extrêmement volatile, et les prix pourraient fléchir au cours des prochains mois ou des prochaines années. AgriFlex pourrait être utilisé au Manitoba pour améliorer les programmes d’assurance-récolte et pour offrir une couverture complète en cas de dégâts causés par le gibier d’eau et la faune en général. Nous devons aussi créer quelques nouvelles opportunités, et AgriFlex aiderait à mettre sur pied des services d’utilisation plus rationnelle des terres (SURT) à l’échelle de la province. »

M. Friesen a expliqué qu’on pourrait relier le coût de certains des programmes soutenus par AgriFlex aux prix sur le marché, tout en tenant compte des règles commerciales et des engagements pris par le Canada. Tandis que les divers types de programmes seront assortis d’exigences différentes, lorsque les prix sont élevés, comme c’est le cas actuellement pour les céréales et les oléagineux, cela réduirait considérablement les coûts du programme. Cela va dans le sens des méthodes appliquées actuellement dans le contexte des programmes de GRE. De plus, AgriFlex pourrait aussi réduire les fonds qui actuellement sont attribués à titre spécial et améliorer la capacité des agriculteurs de planifier leur avenir.

« AgriFlex vise à protéger la viabilité future de l’agriculture primaire au Canada-un objectif qui nécessité autre chose que l’approche universelle qu’applique actuellement le gouvernement à tous les programmes de gestion du risque », a déclaré Humphrey Banack, président de Wild Rose Agricultural Producers. « Par exemple, AgriFlex pourrait être utilisé dans le contexte du programme d’assurance-récolte individualisée et adaptée aux régions en voie d’élaboration en Alberta. »

La FCA a hâte de collaborer étroitement avec les gouvernements au cours des mois à venir pour les aider à définir la prochaine politique agricole.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération Canadienne de l’agriculture
http://www.cfa-fca.ca/

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