Des groupes rendent publique une étude économique du gouvernement libéral sur les OGM

Montréal (Québec), 18 mars 2007 – Une étude économique donne le feu vert au prochain gouvernement pour mettre en place l’étiquetage obligatoire des OGM. Une vaste coalition d’organismes regroupant agriculteurs, consommateurs et écologistes rend publique une évaluation critique d’une étude entreprise par le ministère de l’agriculturedu Québec (MAPAQ)(1). Cette évaluation confirme que les coûts de l’étiquetage obligatoire des OGM (organismes génétiquement modifiés) au Québec seraient largement inférieurs à ce qu’a toujours avancé l’industrie agroalimentaire. Cerapport devrait lever le dernier obstacle au dépôt rapide d’un projetd’étiquetage obligatoire des OGM par le prochain gouvernement du Québec.

En effet, selon le MAPAQ, il n’en coûtera pas 150 à 200 M $ pourl’étiquetage obligatoire, comme l’a estimé en 2000(2) l’industrieagroalimentaire, mais plutôt 28 M $. De même, les coûts annuels pour legouvernement du Québec seraient seulement de 1,7 M $. Rappelons que monsieurJean Charest et le Parti Libéral du Québec avait clairement promisl’étiquetage obligatoire des OGM avant les élections de 2003.(3)

« Cela confirme que l’industrie de l’agroalimentaire a grossièrementexagéré les coûts annuels de l’étiquetage obligatoire des OGM, et ceci sansaucun doute, afin de faire peur aux législateurs pour les empêcher d’aller del’avant avec l’étiquetage obligatoire des OGM », constate Eric Darier deGreenpeace. « En fait, l’étiquetage obligatoire des OGM coûterait 7 fois moinscher par an que ce que l’industrie a toujours prétendu ».

« Cependant, même les coûts identifiés demeurent hypothétiques et l’étudedu MAPAQ sous-estime les capacités d’innovation et d’adaptation desentreprises », affirme Charles Tanguay de l’Unions des consommateurs. « Il fautse rappeler que dans les quelques 45 pays qui ont adopté l’étiquetageobligatoire des OGM, aucun n’a pu documenter des impacts économiques négatifssignificatifs. De toute manière, le droit à l’information des consommateursest un droit fondamental reconnu par les Nations-unies. »

« Même dans le cas où il y aurait des coûts supplémentaires pourl’étiquetage obligatoire des OGM, il serait pertinent de se demander quidevrait payer », croit Nalini Vaddapalli d’Option consommateurs. « Serait-ce auxconsommateurs qui ne veulent pas manger d’OGM de payer ? Les consommateurs quiachètent des produits certifiés biologiques pour éviter les OGM payent déjàune surprime. Pourquoi les agriculteurs qui ne produisent pas d’OGMdevraient-ils payer les coûts de la traçabilité et de la ségrégation pour unproduit dont ils n’obtiennent pas un avantage ? »

« L’étiquetage obligatoire des OGM permettrait également la mise en placed’un système de traçabilité qui permettrait d’identifier la source decontamination causée par les OGM et donc de protéger les agriculteurs victimesde contamination », croit Benoît Girouard de l’Union paysanne. « Mais d’unemanière plus importante, l’étiquetage obligatoire permettrait aux agriculteursde produire des aliments sans OGM comme le veut d’ailleurs la majoritéécrasante des consommateurs. Le non-OGM c’est l’avenir ! »

Enfin, les 28 M $ que coûterait l’étiquetage à l’industrieagroalimentaire sont peu de choses comparativement aux revenus de1,2 milliards de dollars des trois géants de la distribution (Loblaws, Métroet IGA) pour l’exercice 2005-2006. A eux trois, ils présentent un faramineuxchiffres d’affaires de 45 millards de $. A elle seule, Monsanto, cettemultinationale américaine qui commercialise 90 % des OGM sur la planète, afait 800 M $ de profit pour la seule année 2006.

Notes
(1) Etude économique sur les coûts relatifs à l’étiquetage obligatoire des filières génétiquement modifiées (GM) versus non-GM au niveau québécois. 143 pages, MAPAQ. http://www.greenpeace.org/canada/fr/documents-etliens/documents/evaluation-etiquetage-ogm-quebec
(2) Economic impact study : potential costs of mandatory labeling of food derived from biotechnology in Canada. KPMG 2000 http://www.greenpeace.org/canada/fr/documents-et-liens/documents/ge-food-labeling-impactstudy-canada
(3) Les priorités d’actions politiques du PLQ prévoyaient notamment de : « développer une politique rendant obligatoire l’étiquetage de tous les aliments contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM), qu’il s’agisse d’aliments non transformés, d’aliments transformés ou d’intrants utilisés dans la transformation. » (Des aliments sains de la terre à la table – janvier 2003, PLQ, p. 10)

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Loblaws Companies Limited
http://www.loblaw.com/

Métro
http://www.metro.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

Option Consommateurs
http://www.option-consommateurs.org/

Parti libéral du Québec
http://www.plq.org/

Sobeys
http://www.sobeys.ca/

Union des consommateurs
http://consommateur.qc.ca/union

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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