Des traces d’OGM dans les aliments bios : le Conseil d’accréditation du Québec enquête

Montréal (Québec), 3 septembre 2003 – Le Conseil d’accréditation du Québec n’est guère surpris quant à la publication dans les médias de résultatsdémontrant que des traces infimes d’OGM avaient été trouvées dans trois aliments biologiques vendus par des détaillants et distributeurs alimentaires.

Les normes biologiques de référence du Québec interdisent l’usagedélibéré ou l’introduction par négligence d’organismes génétiquement modifiésdans les systèmes d’agriculture ou les produits biologiques. Malgré bien desprécautions dont des tests sur échantillons, il persiste des risques decontamination accidentelle, spécialement au niveau des cultures, à caused’éléments qui restent hors de tout contrôle, tel le voisinage de culturesbiologiques avec des cultures transgéniques toujours en expansion.

Dans les faits, les certificateurs accrédités par le CAQ doivents’assurer que les fabricants d’aliments biologiques n’utilisent pasd’ingrédients, d’additifs ou d’auxiliaires de fabrication dérivés d’OGM etqu’ils ont pris les mesures requises pour éviter leur introduction parnégligence. Cela signifie que toutes les matières premières qui composent unaliment doivent au préalable avoir fait l’objet d’une certification biologiquepour être acceptables par le fabricant. Par exemple, pour qu’une boisson desoya soit certifiable biologique, les haricots de soya, de même que lesextraits de mais et d’orge qui entrent dans sa composition, doivent d’abordavoir été certifiés.

Dans bien des cas, ces ingrédients peuvent provenir d’autres provincescanadiennes ou même des Etats-unis. L’organisme qui certifie le produit finalest souvent différent de celui ou de ceux qui ont certifié les ingrédients quile composent. Chaque certificat de conformité biologique émis constitue enprincipe une garantie écrite que ces ingrédients ont été contrôlés avec soindans la chaîne de production alimentaire.

Le CAQ compte donc enquêter auprès des certificateurs accrédités afin deconnaître l’identité, l’origine de même que le ou les certificateurs desingrédients qui entrent dans la composition des produits concernés. S’iltrouve que des contrôles n’ont pas été réalisés adéquatement, il va sévir àl’endroit de tout certificateur qui pourrait être reconnu fautif. S’il s’agitde certificateurs qui ne sont pas dans la liste de ceux qui sont agréés par leCAQ, il compte se plaindre auprès des autorités compétentes concernées.

Le Conseil d’accréditation du Québec rappelle que, malgré l’impossibilitéde garantir au consommateur l’absence totale d’OGM dans les aliments, lacertification biologique reste encore la mesure la plus efficace pours’assurer, dans la mesure du possible, que des aliments ne contiennent pasd’organismes génétiquement modifiés. Les traces décelées dans les produitsmentionnés par Le Devoir, bien que très minimes par rapport aux pourcentagesgénéralement présents dans des aliments conventionnels similaires, ne sont pasacceptables et leur présence dans les produits biologiques doit être évitée.

Par ailleurs, le Conseil d’accréditation du Québec appelle les deuxpaliers de gouvernements à reconnaître que les OGM constituent un très sérieuxfrein au développement de l’agriculture biologique, à cause de leur expansionrapide et des menaces de contamination qu’ils recèlent. Par conséquent, desmesures doivent être adoptées et mises en place rapidement par lesgouvernements de façon à préserver les cultures non transgéniques, dont fontpartie les cultures biologiques, et, par ricochet, protéger ainsi une partieimportante de la population qui souhaite trouver dans son assiette desaliments absents de toute contamination par des OGM.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Conseil d’accréditation du Québec (CAQ)
http://www.caqbio.org/

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