Deux récoltes par année

Le climat se réchauffe, la génétique des semences s’améliore et la machinerie est de plus en plus efficace. Ce qui peut ne sembler qu’un rêve devient possible : obtenir deux récoltes du même champ dans la même saison.

En Ontario, le « double cropping » en grandes cultures fait beaucoup jaser. Des essais de semis de soya en juillet sur retour de blé d’hiver ont lieu depuis plusieurs années. La météo n’est pas propice au double cropping à chaque fois, mais tout indique que cette année sera la bonne pour ceux qui veulent faire la démonstration de la viabilité de cette technique.

Dans le magazine Country Guide, le conseiller en grandes cultures et représentant chez Syngenta, Eric Richter, estime qu’à un prix de près de 300 $ la tonne (8 $ le boisseau) ou plus, le soya sur retour de blé d’hiver dans une même saison peut s’avérer rentable, même à un rendement en soya de 1,33 tm/ha.

Cette pratique n’est recommandée que dans des zones de 2950 UTM et plus. On suggère d’utiliser des variétés de 2700 à 2800 UTM, qui donneront moins de rendement que des variétés tardives, mais qui auront le temps d’arriver à maturité à l’automne.

Des recherches ont démontré que lorsqu’on sème avant le 10 juillet, les chances de succès sont de 90 %. Entre le 10 et le 15 juillet, les chances de succès chutent à 50 %.

On peut s’attendre à un rendement de 1,33 tm/ha, tout au plus de 2 tm/ha. À chacun de faire ses calculs de rentabilité. Dans bien des cas, cela pourrait permettre d’aller chercher jusqu’à 500 $ de revenus nets de plus par hectare.

Selon Eric Richter, il faut aussi calculer que cette pratique fournira un apport d’azote pour la culture de l’année suivante. Elle aura aussi un effet bénéfique sur le sol, le soya agissant en culture de couverture qui protège de l’érosion à l’automne et laisse dernière de la matière organique.

Horst Bohner, spécialiste du soya au ministère de l’Agriculture de l’Ontario, partage l’optimisme d’Eric Richter. Il y a bel et bien des profits qui nous pendent au bout du nez, croit-il, mais le principal obstacle au succès de cette pratique est l’absence d’humidité dans le sol en juillet. « S’il la levée ne se fait pas avant un mois, ou qu’elle est inégale, on peut se retrouver à la mi-août avant que tous les plants soient émergés. »

Cette pratique sous-entend qu’on sème dans un champ qui vient tout juste d’être récolté. Toutefois, en Ontario, des producteurs sont en train de perfectionner un moyen de semer du soya en semis direct dans les entre-rangs de blé encore debout. Pour l’instant, les pertes attribuables au piétinement par la machinerie sont trop importantes, mais l’usage de pneus étroits et de semoirs plus précis pourrait permettre d’atténuer ces dommages.

Source : Country Guide

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