« Eau » secours, ma luzerne a les pieds pas mal mouillés!

Le temps froid et surtout les précipitations qui caractérisent les derniers jours, pour ne pas dire les dernières semaines, font pas mal de ravage dans les prairies.  Peu de nouveaux semis sont actuellement en terre et ce qui reste dans les champs de prairie commence à manquer d’air!  (Voir photo).

La Coop Unifrontières, prise mercredi le 3 mai 2017, St-Polycarpe: racine en train de pourrir malgré la jeune pousse verte.
Source: Brigitte Lapierre

Si tel est votre cas, il ne faut pas trop espérer des réserves des racines de luzerne qui commencent à s’épuiser à force d’avoir les pieds dans l’eau et de ne plus être capable de respirer.  Il est encore temps de réaliser un sursemis.  Mais comment bien le réussir?

En fait, le sursemis est une technique qui vise à renforcer ou à compléter la flore existante d’une prairie sans détruire complètement la végétation en place. Il est surtout réalisé lorsque le champ contient des vides et lorsqu’il reste au moins 30% de bonnes légumineuses et graminées.

La réussite d’un sursemis est malheureusement souvent très aléatoire. Elle dépend fortement des facteurs climatiques tels que la température, l’humidité et la luminosité mais également des techniques mises en œuvre.  Voici quelques trucs pour mettre les chances de votre côté :

  • Il doit être fait sur un sol suffisamment frais avec des températures douces.  (Ce que nous avons encore J !)
  • La croissance de l’herbe en place ne doit pas est trop importante afin de concurrencer le moins possible les jeunes plantules.
  • Utiliser un semoir adapté au semis direct et privilégier les modèles à faible espacement.
  • Le passage d’un rouleau après le semis lorsque possible, favorise le contact sol-semences et améliore les chances de succès.
  • Les semences implantées devront être des espèces et des variétés agressives.

Si on désire préserver notre prairie 2 ans, le trèfle rouge s’avère un bon choix.   Certains producteurs ne le portent pas dans leur cœur car il est difficile à sécher mais ce dernier permettra de maintenir le niveau de protéine du fourrage.  On pourrait également utiliser du trèfle blanc type ladino, qui couvre très bien le sol et empêche les mauvaises herbes de s’installer mais qui donne moins de rendement que le trèfle rouge.

Si on désire conserver seulement pour cette saison, le ray-grass annuel fourrager ou le festulolium de type ray-grass permet d’obtenir de bon rendement tout en s’approvisionnant de fibres.  Si on recherche plutôt de la protéine, le trèfle d’Alexandrie (trèfle annuel), pourrait s’avérer également un choix intéressant.

  • Après l’implantation, il faut veiller à une exploitation rapide de l’herbe et
    préférer une fauche hâtive sous forme d’ensilage afin de s’assurer de la réussite de ce sursemis.

 

*Texte réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères. Les propos exprimés dans le texte relèvent toutefois de l’auteur et n’engagent pas le CQPF.

à propos de l'auteur

La référence en nouvelles technologies agricoles au Québec.

Le Bulletin des agriculteurs

Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs traite des tendances, des innovations et des dernières avancées en matière de cultures, d’élevages et de machinisme agricole dans le but de faire prospérer les entreprises agricoles d’ici.  

Articles récents de Le Bulletin des agriculteurs

Commentaires