Engouement pour le blé

PHOTO : André Dumont

La fin de la mise en marché collective du blé pour la consommation humaine semble se traduire par un nouvel engouement pour la production de blé au Québec.

La semaine dernière, plus d’une trentaine de producteurs se sont présentés à un après-midi d’information sur une nouvelle approche dans la production de blé d’automne, sur une ferme de Saint-Édouard, en Montérégie. Selon plusieurs personnes présentes, cette affluence reflétait un nouvel intérêt pour le blé, maintenant que tous peuvent le commercialiser librement.

Fort intéressés d’apprendre comment semer du blé à la volée dans un champ de soya qui n’a pas encore été récolté, les participants en n’ont pas moins profité pour discuter du référendum qui a mis fin au service de mise en marché de la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec.

Un producteur a confié au Bulletin.com avoir obtenu à certains moments moins cher pour son blé destiné à l’alimentation humaine que s’il l’avait écoulé aux prix du marché pour la consommation animale.

D’autres se sont carrément dits intéressés à reprendre la culture du blé. « Si je n’obtiens pas un bon prix, ce sera par ma propre faute », a déclaré l’un d’entre eux.

Du côté des intervenants, il y a également un renouveau d’intérêt pour le blé, notamment celui semé à l’automne, qui peut donner de 30 à 40 % plus de rendement que celui semé au printemps.

Des agronomes du MAPAQ ont formé un Groupe de relance des céréales d’automne. À une échelle régionale, le Réseau blé d’automne Montérégie a été formé, notamment sous l’impulsion des agronomes Stéphanie Mathieu et Yvan Faucher. L’objectif est d’établir les critères de succès dans cette culture et de pallier au manque d’information récente.

Voici les principaux avantages du blé d’automne, tels qu’énumérés par Stéphanie Mathieu :

  • ajout d’une troisième rotation
  • la récolte hâtive permet de niveler ou de chauler un champ
  • le cycle des maladies du maïs ou du soya est brisé
  • la floraison arrive plus tôt en saison que dans le blé de printemps, ce qui le rend moins vulnérable à la fusariose
  • requiert peu d’herbicides, puisqu’il occupe le terrain tôt au printemps
  • protège le sol de l’érosion pendant l’hiver et le printemps
  • améliore la structure du sol
  • le maïs semé l’année suivante peut donner jusqu’à 8 % plus de rendement

Le hic, c’est la survie à l’hiver. Les champs qui s’égouttent mal en surface sont les plus vulnérables. La qualité de l’égouttement de surface serait un des plus importants critères de succès.

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