Érosion et travail du sol

Avant d’entreprendre les travaux d’automne, il est intéressant de connaître le potentiel d’érosion des différentes techniques de travail de sol. Selon un chercheur de l’Université du Manitoba, David Lobb, l’érosion causée par le travail du sol est plus importante que celle causée par l’eau ou le vent.

David Lobb évalue les pertes de topsoil (sol de surface) causées par le travail du sol jusqu’à 200 t/ha/année. Il attribue une perte maximum de 20 t/ha/année à l’érosion par l’eau.

Le chercheur attribue la sévérité de l’érosion à la distance parcourue par la terre lors des travaux du sol. Ainsi, pour le travail primaire, la charrue déplace plus de terre, mais sur une plus petite distance que le chisel ou les herses à disques. Il croit donc que le chisel, surtout avec les pointes recourbées, cause plus d’érosion que la charrue.

Par la suite, les cultivateurs (vibros) et les planteurs peuvent aggraver la situation. La profondeur de travail est réduite, mais la vitesse d’avancement élevée cause le mouvement d’autant de terre que la charrue lors du travail primaire.

Évidemment, la sévérité de l’érosion dépend de la topographie du champ. Les pentes courtes et abruptes sont les plus sensibles à l’érosion.

L’érosion causée par le travail du sol survient chaque année de culture et, couche par couche, le sol des plus hauts sommets s’accumule dans le bas de la pente. La capacité de rétention d’eau des sommets diminue avec les années et l’érosion par le vent peut également devenir un problème.

L’adoption du semis direct ne suffira pas à remédier à cette situation. Cette pratique est plutôt utile comme moyen de prévention. Et l’ajout de fumier pour augmenter la matière organique sur les sommets est une solution à très long terme.

Selon David Lobb, la solution consiste à ramener la terre du bas de la pente sur le dessus. Les études ont démontré qu’en enlevant 10 cm de sol du bas pour le retourner sur le dessus des sommets, on peut améliorer le rendement entre 10 et 30 % dans les années humides et entre 40 et 130 % dans les années plus sèches.

Malgré le coût élevé de cette opération, David Lobb croit que quatre à six ans suffisent pour recouvrer les frais. La prévention de l’érosion devrait comprendre les actions limitant les dommages par l’eau, par le vent, mais aussi par le travail du sol.

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