ESB : le Nouveau Programme Fédéral ne couvre que 15 % des besoins des producteurs du Québec

Longueuil (Québec), 10 septembre 2004 – « Les producteurs du Québecapprécient l’engagement du nouveau ministre canadien de l’agriculture deredoubler d’efforts pour faire accélérer le processus de réouverture desfrontières au bétail et à la viande bovine canadienne. Ils saluent égalementles mesures mises de l’avant pour faire augmenter la capacité d’abattage aupays tout comme la série de moyens prévus pour développer de nouveaux marchésd’exportation. Toutefois, ils sont extrêmement déçus des mesures de transitionannoncées pour leur venir en aide. »

C’est en ces termes que réagissaient M. Michel Dessureault, président dela Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ), M. Marcel Groleau,président de la Fédération des producteurs de lait du Québec et M. LaurentPellerin, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), à l’annoncefaite aujourd’hui par le ministre d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, M. Andy Mitchell, de sa stratégie pour repositionner l’industrie canadiennedes animaux d’élevage.

D’entrée de jeu, M. Dessureault a précisé que l’aide annoncée est insuffisante et ne comble aucunement les besoins des producteurs de bovins de boucherie et des producteurs laitiers. « Dans la nouvelle stratégie nationale,on ne retrouve aucune aide directe pour compenser la chute de prix des bovins,ni aucun programme de prêts sans intérêt; deux mesures qui sont pourtantessentielles et qui étaient très attendues des producteurs du Québec », a-t-iltenu à préciser.

M. Groleau renchérit en ajoutant que « les producteurs laitiers, qui n’ontété compensés que pour environ 30 % de leurs pertes à ce jour, ne recevrontque des miettes en compensation directe avec la nouvelle annonce. » Leprésident ne voit rien non plus dans cette annonce qui corrige les abus desintermédiaires : « Le prix de vente des bovins a subi une baisse majeure depuis16 mois sans que les consommateurs n’en voient la couleur et le gouvernementn’agit pas. » a-t-il dénoncé.

Les deux fédérations concernées et l’UPA évaluent les besoins desproducteurs québécois à plus de 141 millions de dollars alors qu’avec lesmesures de transition annoncées, Québec ne devrait recevoir qu’entre 15 et 20 millions de dollars, ce qui représente moins de 15 % des besoins desproducteurs québécois.

En outre, on estime que les programmes de retrait (mises de côté) desbouvillons et des veaux d’embouche risquent d’être difficilement applicablesau Québec, et même ailleurs au Canada. Quant à l’aide accordée au programme degestion des animaux âgés, elle nous semble nettement insuffisante pouratteindre les objectifs visés. Enfin, il est surprenant de constater que laseule mesure annoncée pour remédier aux problèmes de liquidités desproducteurs découle d’un programme fédéral déjà existant, le PCSRA.

Commentant les nouvelles mesures annoncées, le président de l’UPA, M. Laurent Pellerin, presse le ministre Mitchell de réviser sa stratégie pourinjecter rapidement de l’argent neuf dans les fermes bovines qui sont,rappelons-le, au bord du gouffre financier après 16 mois de crise. « Jecomprends mal que l’an dernier, alors qu’Ottawa et Québec versaient quelque150 millions de dollars pour soutenir la production bovine québécoise, qu’onintervienne cette fois aussi modestement. Pourtant, rien n’a changé, lasituation des producteurs est toujours aussi difficile » a ajouté, M. Pellerin.Du même souffle, il ajoute qu’il est aussi important que le ministre Mitchellsécurise l’industrie en développant une stratégie efficace s’appuyant sur unhorizon à long terme.

Les producteurs invitent maintenant Québec à tirer profit de laflexibilité manifeste dont Ottawa semble faire preuve. Ils enjoignent donc laministre de l’Agriculture, Mme Françoise Gauthier, à intensifier sesreprésentations auprès de son homologue fédéral pour que le programme soitréellement adapté aux particularités du Québec et qu’il soit à la hauteur desbesoins des producteurs.

Rappelons que la découverte d’un cas d’ESB en Alberta, le 20 mai 2003, aentraîné la fermeture immédiate des frontières à l’exportation et mené lesecteur bovin dans une crise sans précédent. Encore aujourd’hui, l’embargoaffecte 60 % des produits bovins et se traduit par une chute de prix variantde 30 à 70 %, selon la catégorie de bovins.

Affiliée à l’Union des producteurs agricoles, la Fédération desproducteurs de bovins du Québec regroupe 24 300 producteurs de boeufs et deveaux établis dans toutes les régions du Québec. Troisième plus importanteproduction animale au Québec, l’industrie bovine génère des ventes annuellesde plus de 600 millions de dollars et commercialise annuellement quelque 800 000 bovins. La Fédération représente les cinq secteurs de productionbovine, soit ceux des veaux d’embouche, des bouvillons d’abattage, des veauxde grain, des veaux de lait ainsi que des bovins de réforme et veaux laitiers.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ)
http://www.bovin.qc.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.agr.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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