Estimations du bétail au 1er janvier 2007

Ottawa (Ontario), 15 février 2007 – Le cheptel national de bovins au Canada n’a pas cessé de diminuer en 2006, ayant chuté de 515 000 têtes dans la foulée de la reprise des exportations de bovins sur pied vers les États-Unis. L’année 2006 est la première année complète d’ouverture de la frontière aux livraisons de bovins canadiens depuis 2002.

Au 1er janvier 2007, les éleveurs de bovins ont dénombré 14,3 millions de têtes dans leurs fermes, en baisse de 3,5 % par rapport à l’année précédente et de 748 000 têtes par rapport au sommet de janvier atteint en 2005, au moment où la fermeture de la frontière avait obligé les producteurs à maintenir hors du marché une plus grande partie de leurs stocks agricoles.

Malgré cette diminution, les stocks de 2007 demeurent tout de même supérieurs de 827 000 têtes à ceux du 1er janvier 2003, soit avant la fermeture de la frontière, selon les résultats de l’Enquête annuelle de janvier sur le bétail menée auprès de 10 000 producteurs.

La frontière américaine a été rouverte aux bovins sur pied de moins de 30 mois le 18 juillet 2005. L’embargo imposé aux bovins et au boeuf canadiens était entré en vigueur à la suite du signalement d’un cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) le 20 mai 2003.

En général, les stocks dans l’Ouest canadien ont augmenté au début des années 1990 lorsque les agriculteurs ont accru leur production en réponse à une demande d’exportation plus forte. En raison de la fermeture des marchés américains, des milliers de bovins sont demeurés dans les fermes au Canada. À mesure que diminuent les stocks de bovins, l’industrie canadienne revient à la situation qu’elle connaissait avant la fermeture de la frontière.

L’enquête sur le bétail révèle aussi une diminution des stocks de porcs et de moutons pendant l’année. Les producteurs de porcs ont dénombré 14,3 millions de têtes au 1er janvier 2007, alors que le nombre de moutons dans les fermes a fléchi de 1,1 % pour s’établir à 886 000.

Les exportations de bovins sur pied augmentent difficilement
Les exportations de bovins sur pied vers les États-Unis se sont accrues rapidement à la suite de la réouverture de la frontière en juillet 2005. Cependant, les exportations mensuelles ont chuté au printemps 2006 lorsque les éleveurs américains, malmenés par la sécheresse, ont expédié plus tôt leurs bovins sur le marché, faisant ainsi augmenter l’abattage aux États-Unis et diminuer les prix. La demande réduite de bovins canadiens aux États-Unis, conjuguée à une baisse des prix dans ce pays, en partie attribuable à la vigueur du dollar canadien, a eu un effet négatif sur les exportations canadiennes.

En septembre, les exportations de bovins vers les États-Unis ont repris. Dès octobre 2006, elles étaient comparables à ce qu’elles étaient avant la crise de l’ESB, s’établissant à 114 000 têtes expédiées aux États-Unis, d’une valeur de 135 millions de dollars.

En 2006, les estimations totales des exportations de bovins ont été évaluées à 1 038 500 têtes. Bien que ce chiffre soit près de deux fois supérieur à celui de l’année précédente, ce qui est raisonnable puisque la frontière a rouvert en juillet 2005, il demeure inférieur de 38,5 % aux 1 688 100 têtes exportées en 2002 (avant la crise de l’ESB). Il n’y a pas eu d’exportations entre juin 2003 et juin 2005.

Dès la réouverture de la frontière, les exportations de viande de boeuf ont chuté, neutralisant en partie l’augmentation des exportations de bovins.

Diminution du cheptel bovin dans toutes les régions
Le nombre de bovins a fléchi dans toutes les provinces; les provinces de l’Ouest sont à l’origine de plus des trois quarts du déclin total. Les troupeaux combinés de l’Ouest ont perdu 420 000 têtes.

Le cheptel de l’Alberta, le plus important de toutes les provinces, s’est replié de 3,7 %, tandis que celui de la Saskatchewan a légèrement reculé de 0,7 % et celui du Manitoba, de 7,4 %. En Colombie-Britannique, le nombre de bovins a chuté de 10,6 %. Dans le centre du Canada, le troupeau de bovins du Québec a régressé de 0,7 %, tandis qu’il a diminué de 3,9 % en Ontario.

Le portrait combiné du Canada et des États-Unis est demeuré stable au 1er janvier 2007. Les diminutions des stocks de bovins du Canada ont été partiellement compensées par une petite augmentation aux États-Unis. Le cheptel combiné totalisait 111,3 millions de têtes.

Les niveaux d’abattage ont également joué un grand rôle dans l’élevage des bovins. En 2004 et au cours de la première moitié de 2005, ces niveaux ont atteint des sommets, stimulés par une capacité accrue d’abattage, la demande nationale, une forte demande internationale de boeuf canadien et des niveaux plus bas d’importation de boeuf.

Toutefois, ces niveaux ont régressé à la suite des faibles exportations de viande de boeuf, maintenant que la frontière est ouverte aux bovins sur pied et que les approvisionnements aux États-Unis ont augmenté. L’abattage en 2006 a chuté de 7,1 % par rapport aux 12 mois précédents pour s’établir à 4,2 millions de têtes.

Les prix au deuxième semestre de 2006 ont diminué de 3,3 % par rapport à ceux de la même période en 2005. Même si les prix ont augmenté à l’automne 2005 après plusieurs années de faiblesse, ils se sont affaiblis au printemps 2006 en partie en raison de la sécheresse aux Etats-Unis, qui a fait augmenter à un niveau record le nombre de bovins dans les parcs d’engraissement, et en partie en raison de la vigueur du dollar canadien. Il est intéressant de constater que l’écart entre les prix des bovins d’engraissement au Canada et aux États-Unis s’est amenuisé, et ceux-ci évoluent maintenant en tandem.

Récemment, les prix des céréales fourragères ont augmenté. Non seulement cela fait-il monter le coût de l’alimentation des bovins pour les producteurs, mais cela exerce aussi une pression à la baisse sur les prix que les parcs d’engraissement versent aux producteurs de bovins pour leurs animaux.

L’industrie porcine affiche une croissance stable
Les stocks de porcs au Canada au 1er janvier 2007 ont régressé par rapport à la même date l’an dernier, mais ont légèrement augmenté par rapport au 1er octobre 2006 en raison d’une poussée des exportations internationales. Il s’agissait d’une première augmentation trimestrielle des stocks après que les agriculteurs ont enregistré cinq diminutions trimestrielles consécutives, lesquelles étaient attribuables aux faibles prix de l’abattage en 2006.

Selon l’Enquête sur le bétail de janvier 2007, on a dénombré 14,3 millions de porcs dans les fermes le 1er janvier 2007. Il s’agit d’une baisse de 2,7 % par rapport à la même date l’an dernier, mais d’une légère hausse par rapport au 1er octobre 2006.

Les exportations vers les autres pays ont atteint le chiffre record de 6,4 millions de porcs pendant les neuf premiers mois de 2006, surpassant ainsi le précédent sommet enregistré en 2004. Dans l’ensemble, trois animaux exportés sur cinq étaient de jeunes porcs, appelés porcelets sevrés, destinés à l’engraissement aux États-Unis. À mesure que les coûts d’engraissement augmentent, le marché d’exportation des porcelets sevrés demeure attrayant pour les installations canadiennes de mises bas pour les truies.

Les prix de l’abattage de porcs ont diminué à l’automne 2005 et sont demeurés à un niveau relativement bas depuis cette date. Au cours des neuf premiers mois de 2006, le prix moyen des porcs a reculé de 14,2 % par rapport à celui qu’on a enregistré à la même période en 2005. Cette diminution des prix a fait chuter de 15,3 % les recettes monétaires des fermes porcines pendant les neuf premiers mois de 2006.

L’abattage au pays a continué de fléchir après avoir atteint un niveau record en 2004, surtout en raison des prix moins élevés payés aux producteurs et des coûts d’engraissement plus élevés. L’abattage de porcs a diminué de 2,4 % entre 2005 et 2006.

Stocks de bétail au 1er janvier
 BovinsPorcsMoutons
 en milliers de têtes
 200620072006200720062007
Canada14 83014 31514 73014 329895886
Atlantique2862843293243434
Québec1 4051 3954 2454 085252240
Ontario2 1392 0563 6543 535225235
Manitoba1 4901 3802 9402 9606062
Saskatchewan2 9502 9301 3751 30010595
Alberta5 9005 6802 0201 965151155
Colombie-Britannique6605901671606865
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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