Estimations du bétail au 1er janvier 2008

Ottawa (Ontario), 14 février 2008 – Le cheptel bovin du Canada a continué de diminuer en 2007, car les exportations vers les États-Unis se sont accélérées. L’année 2007 était la deuxième année complète d’ouverture de la frontière aux livraisons de bovins canadiens depuis 2002.

Selon l’Enquête de janvier sur le bétail menée auprès de 10 000 producteurs, au 1er janvier 2008, les éleveurs avaient déclaré 13,9 millions de têtes dans leurs fermes, en baisse de 210 000 têtes ou de 1,5 % par rapport à au 1er janvier 2007.

En janvier 2005, année record, près de 1 million de bovins supplémentaires avaient été gardés dans les fermes canadiennes, car la fermeture des frontières empêchait les producteurs de mettre leur stock à la ferme sur le marché. Malgré le recul, le stock au 1er janvier 2008 est toujours supérieur de 479 000 têtes au niveau enregistré le 1er janvier 2003, avant la fermeture de la frontière.

La frontière américaine, fermée à la suite du signalement d’un cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) le 20 mai 2003, a été rouverte aux bovins sur pied de moins de 30 mois le 18 juillet 2005. Le 19 novembre 2007, elle a été ouverte aux bovins nés après 1999. Malgré la réouverture de la frontière, les éleveurs continuent de faire face à des difficultés qui sont différentes, mais qui ne sont pas moins importantes.

En général, les stocks dans l’Ouest ont augmenté au début des années 1990 lorsque les agriculteurs ont accru leur production en réponse à une demande d’exportation plus forte. En raison de la fermeture des marchés américains, des milliers de bovins sont demeurés dans les fermes au Canada.

L’Enquête sur le bétail a également révélé une diminution des stocks de porcs et de moutons pendant l’année. Les producteurs de porcs ont déclaré avoir 14,0 millions de têtes au 1er janvier 2008. Les agriculteurs ont indiqué qu’ils avaient 825 300 moutons dans leurs fermes, en baisse de 6,1 %.

Les exploitations d’engraissement enregistrent les plus fortes diminutions de bovins
Les exploitations d’engraissement, où l’on engraisse normalement les bovins pour l’abattage en leur donnant des rations riches en céréales fourragères, ont enregistré une grande partie de la baisse du nombre de bovins à la ferme.

Au 1er janvier 2008, le nombre de bovins dans les exploitations d’engraissement avait chuté de 8,6 % pour s’établir à 1 435 000 têtes. Le nombre de bovins dans les exploitations de naissage a diminué de 1 % pour s’établir à 8 581 000 têtes.

Le nombre de bovins a diminué dans toutes les provinces productrices de boeuf, les provinces de l’Ouest représentant près des trois quarts de cette baisse. Les troupeaux combinés de l’Ouest canadien ont perdu 155 000 têtes.

Le cheptel de l’Alberta, le plus important de toutes les provinces, a diminué de 2,1 %, celui de la Saskatchewan a légèrement fléchi, et celui du Manitoba a reculé de 1,5 %. En Colombie-Britannique, le nombre de bovins a diminué légèrement. Dans le centre du Canada, le troupeau de bovins du Québec a régressé de 1,5 %, et celui de l’Ontario a diminué de 1,1 %.

Les exportations de bovins sur pied sont à la hausse
Les exportations de bovins sur pied vers les États-Unis ont augmenté rapidement dès la réouverture de la frontière en juillet 2005. En 2007, on estime que les exportations atteindront 1,4 million de têtes, en hausse de 35 % par rapport à 2006.

Malgré cette augmentation, les chiffres sont demeurés bien inférieurs au chiffre de référence de 1 688 100 têtes exportées en 2002, avant la fermeture des frontières aux expéditions de bovins sur pied.

Les niveaux d’abattage ont également joué un grand rôle dans l’élevage des bovins. En 2004 et au cours de la première moitié de 2005, ces niveaux ont atteint des sommets inégalés. Ils ont été alimentés par une capacité accrue d’abattage, la demande nationale, une forte demande internationale de boeuf canadien ainsi que par des niveaux plus bas d’importation de boeuf.

Toutefois, ces niveaux ont régressé à la suite des faibles exportations de viande de boeuf, maintenant que la frontière est ouverte aux bovins sur pied et que les approvisionnements aux États-Unis ont augmenté. L’abattage en 2007 a chuté de 6,0 % par rapport aux 12 mois précédents pour se chiffrer à 3,7 millions de têtes.

La baisse des prix et la hausse des coûts exercent des pressions sur les producteurs de bovins
Les bénéfices des producteurs de bovins sont pris en tenaille entre la vigueur du dollar canadien et les coûts élevés des aliments. L’appréciation du dollar canadien a essentiellement exercé une pression à la baisse sur les prix des bovins au pays, parce que les prix y suivent en grande partie les prix américains.

Comme sa valeur a baissé, le dollar américain perd tout simplement au change au Canada. Les prix pour les bovins d’abattage au cours du deuxième semestre de 2007 étaient de 5,7 % inférieurs à ce qu’ils étaient pendant la période de comparaison en 2006.

Parallèlement, les coûts des céréales fourragères ont augmenté et créé des difficultés pour les producteurs de bétail. Ainsi, les prix de l’orge de l’Ouest canadien étaient d’environ 60 % plus élevés en septembre 2007 qu’ils l’étaient pendant le même mois en 2006. Entre-temps, les prix du maïs de l’Ontario ont augmenté de plus de 50 %.

La hausse du prix des céréales ne fait pas seulement grimper le coût de l’alimentation des bovins, mais elle exerce également une pression à la baisse sur les prix que les parcs d’engraissement versent aux producteurs pour les bovins d’engraissement. En outre, les coûts de conditionnement de la viande sont plus élevés au Canada qu’aux États-Unis, en partie par suite de la réglementation exigeant l’élimination du matériel à risque, ce qui n’améliore pas la situation.

Situation financière tendue pour l’industrie porcine
Les stocks de porcs du Canada ont chuté en 2007, car la vigueur du dollar canadien et les coûts élevés des aliments ont mis les producteurs en difficulté. Selon l’Enquête sur le bétail de janvier 2008, il y avait 14,0 millions de porcs dans les fermes le premier du mois, soit 897 000 de moins qu’à la même date en 2007. Il s’agit d’une baisse de 6,0 % par rapport à 2006 et de 2,4 % par rapport au 1er octobre 2007.

Les prix des porcs d’abattage et d’exportation, qui sont en grande partie déterminés aux États-Unis et qui subissent une influence défavorable de l’appréciation du dollar canadien, ont fléchi pendant le deuxième semestre de 2007. Les prix des céréales fourragères, bien que variables, ont fait un bond de plus 50 % en 2007.

La pression financière qui s’exerce sur les producteurs de porcs peut être mise en évidence lorsqu’on examine les résultats d’un calcul consistant à diviser le prix du porc par le prix d’un aliment. Plus le ratio est élevé, meilleure est la situation pour les producteurs de porcs. En novembre 2007, le ratio porc-maïs de l’Ontario était de 9,9, ce qui est bien inférieur à celui de 22,4 enregistré en 2006 et considérablement plus faible que la moyenne décennale de 20,8. Le ratio porc-orge en Alberta affichait une chute semblable.

Les agriculteurs ont continué d’exporter des porcs vers les États-Unis à un rythme record, soit de 9,9 millions en 2007. Cela dépasse le précédent sommet atteint en 2006. Plus des deux tiers des animaux exportés étaient de jeunes porcs, appelés porcelets sevrés, destinés à l’engraissement aux États-Unis. À la fin de 2007, comme les coûts d’engraissement étaient à la hausse, le marché d’exportation des porcelets sevrés est demeuré relativement attrayant pour les producteurs naisseurs canadiens.

L’abattage intérieur a continué de fléchir après avoir atteint un sommet sans précédent en 2004, en réponse à la faible demande intérieure pour le porc, à la baisse des prix versés aux producteurs et à l’augmentation des coûts d’engraissement. L’abattage de porcs a diminué de 2,4 % entre 2006 et 2007.

Stocks de bétail au 1er janvier
 200720082007200820072008
 BovinsPorcsMoutons
 en milliers de têtes
Canada14 15513 94514 90714 010879825
Atlantique2872723242633130
Québec1 3651 3454 1743 990248245
Ontario1 9041 8843 9243 695235230
Manitoba1 3751 3552 9602 9006462
Saskatchewan2 9302 9201 3491 2109588
Alberta5 6805 5602 0451 830152125
Colombie-Britannique6156101311225445
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux.

Les bulletins Statistiques de bovins, vol. 7, no 1 (23-012-XWF, gratuit), Statistiques de porcs, vol. 7, no 1 (23-010-XIF, gratuit), et Statistiques de moutons, vol. 7, no 1 (23-011-XIF, gratuit), sont maintenant accessibles à partir du module Publications de notre site Web. Sous Publications Internet gratuites, choisissez Agriculture.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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