Le début de saison est difficile, confirme la Financière agricole

Presque toutes les régions accusent des retards et affichent des dommages à la suite de l'hiver

La saison 2019 s’amorce de manière particulièrement pénible. Le mois de mai s’enligne pour devenir le 8e mois consécutif en dessous des normales de saison et les semis sont encore impossible ici et ailleurs, au point que le mot clic #noplant19 circule sur les réseau sociaux.

Pour son premier rapport sur l’état des culture pour 2019 (en date du 14 mai), la Financière agricole dresse un portrait qui reflète les difficultés des producteurs. En plus des retards dans les semis, l’hiver a été dur pour les cultures pérennes, comme les prairies, mais aussi pour les populations d’abeilles qui ont subi les contrecoups de l’hiver, après avoir souffert de l’été chaud de 2018.

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Comme le rappelle la Financière, l’hiver 2018-2019 a débuté tôt avec une couverture de neige au sol dès la mi-novembre. Les températures hivernales moyennes ont été plus froides et jumelées à une abondance de précipitations, avec une abondance de neige dans les régions froides et une fluctuation des températures dans les régions plus au sud. Les différentes formes de précipitation de cet hiver ont créé des strates de glace dans le couvert neigeux, ou une couche de glace au sol qui ont pu causer l’asphyxie des plantes ou le pourrissement de la racine principalement les plantes fourragères. Et c’est sans parler de la crue des eaux survenue dans les régions de l’Outaouais, les Laurentides, la Montérégie, la Mauricie, le Centre-du-Québec, la Lanaudière et la Beauce.

Les céréales d’automne et les prairies ont le plus souffert dans les régions au sud-ouest du Québec et le départ végétatif est lent pour le foin, les pâturages et les céréales d’automne. La production de sirop d’étable a démarré tardivement mais le printemps froid a fait en sorte que la quantité et la qualité a été dans la moyenne ou supérieure en général.

Du côté des semis, les conditions défavorables d’avril et mai ont retardé les travaux dans les champs, selon le calendrier habituel. Dans certaines région, un couvert de neige est encore en place ou les crues ont rendu l’ensemencement impossible. Selon la Financière, seul le blé serait à plus de 20% semé. Toutes les autres cultures affichent moins de 10% d’ensemencement réalisé. L’organisme indique que “des prorogations de dates de semis sont à prévoir dans certaines cultures”.

Plus précisément, 3% du semis de maïs est complété et 1% dans le cas du soya. À 21% des semis complété pour le blé, il s’agit du départ le plus rapide des cinq dernières années. Les autres cultures se situent dans la moyenne par rapport aux dates des semis.

Les résultats ne reflètent toutefois pas la nette différence entre les régions. Lanaudière et Laval se débrouillent nettement mieux avec des semis très avancés pour les petites céréales (avoine 90%-blé 70% et orge 70%). Même le maïs-grain est réalisé à 10% et à 3% pour le soya. Comparativement, la Montérégie traine de l’arrière avec en moyenne le quart des céréales en terre alors que le maïs-grain est à peine débuté et le soya au point mort. Dans le sud de la province, l’Outaouais affiche le retard le plus marqué. Les travaux ont débuté également ailleurs, comme dans le Centre-du-Québec, la Capitale-Nationale et Chaudières-Appalaches.

Des avis de dommages ont par ailleurs été déjà réclamés. Le nombre d’avis s’élève à 263, un nombre moins élevé que dans les années précédentes mais les sommes sont plus importantes à 150 365$, versées en totalité aux apiculteurs qui ont déposé 23 avis de dommages.

Source: Financière agricole

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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