Faites augmenter la valeur de vos terres!

Vers 2009, une acre de terre agricole dans le comté de Haldimand, dans le sud-ouest de l’Ontario, se vendait entre 2000 $ et 2500 $. De la grosse argile, qui se draine difficilement. Bob Misener a vendu ses 4500 acres à plus de 4000 $ chacun.

« Nous avons été payés pour notre bon travail », a-t-il indiqué en allusion à ses efforts pour améliorer la qualité de ses sols, lors d’une entrevue avec Le Bulletin.com.

Aujourd’hui à la retraite, Bob Misener a été un pionnier du travail réduit du sol. Il a fait partie de l’Innovative Farmers Association of Ontario et en a même assuré la présidence. Pendant toute sa carrière, il a cherché à améliorer ses sols.

« On peut parler de compaction, dit-il. Mais la vraie question est la qualité du sol. C’est du long terme. On n’y arrive pas en un an, ni en dix ans. »

Dans les années 1980, il a abandonné la charrue pour le semis direct, mais il n’a jamais renoncé à une forme de travail du sol avant de semer son maïs. Sa rotation consistait d’environ 1000 acres chacun pour le maïs, suivi du soya, du blé d’automne et du trèfle rouge semé également à l’automne. Ses terres se retrouvaient à nu seulement après son maïs. S’il n’avait pas pris sa retraite, il aurait trouvé un engrais vert pour y remédier.

Bob Misener a fait de nombreuses adaptations pour réduire la compaction provoquée par ses équipements. Il s’est doté notamment doté d’un tracteur Challenger sur chenilles, qui n’a plus été nécessaire quand ses terres ont été toutes drainées et que les manufacturiers se sont mis à offrir de meilleurs pneus radiaux pouvant fonctionner à basse pression.

Tous les pneus de sa machinerie ont été changés, de ceux sous le réservoir derrière le planteur à ceux du grain cart. La pression a été abaissée à 6 à 8 psi. Seuls les pneus de la moissonneuse-batteuse n’y sont pas parvenus, en raison du poids élevé sur l’essieu avant. Il s’était donc installé une sonde dans la trémie pour l’avertir quand elle était ¾ pleine, pour la vider avant d’arriver au poids total maximal.

« Toute l’attention doit être sur le sol, insiste-t-il. C’est ce qu’un agriculteur possède de plus précieux. Si vous améliorez vos sols, vos rendements augmenteront. Vous n’avez pas à vous en inquiéter. »

À deux reprises, il a réussi une moyenne de 6,7 Tm/ha dans son blé. Il récoltait systématiquement 10,5 Tm/ha de maïs, avec des pointes de 12,5 Tm/ha. Dans le soya, la moyenne atteignait 4 Tm/ha. Tout cela, dans des terres argileuses très lourdes, qui se drainent difficilement.

Au moment de vendre ses terres, Bob Misener a demandé une prime pour leur qualité. L’acheteur a reconnu qu’il en avait pris soin et qu’elles étaient plus productives que d’autres terres du même comté. Sa réputation et les rendements agronomiques ont joué, affirme-t-il. « Nous avons été très bien payés pour notre travail. Est-ce que l’acheteur poursuivra ce travail? C’est une tout autre question. »

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