Farines animales: un rapport parlementaire pointe du doigt les mesures « tardives » prises en France

Paris (France), 20 juin 2001 – Les gouvernements français qui se sont succédé à partir de 1990 ont adopté des mesures « tardives » pour éradiquer la propagation de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), dite maladie de la vache folle, dans le cheptel bovin, selon un rapport parlementaire rendu public mercredi.

« Beaucoup de mesures prises dans notre pays paraissent tardives, partielles, inopérantes », estime l’étude de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur le recours aux farines animales et la lutte contre l’ESB. « Il y a eu une insuffisante appréciation par les pouvoirs publics du danger que constituait le développement de l’ESB » en Grande-Bretagne.

La Commission constituée le 13 décembre dernier tempère toutefois la responsabilité des sept ministres de l’Agriculture en poste depuis 1990. « On ne saurait systématiquement reprocher aux autorités françaises de ne pas avoir pris sans délai des mesures analogues à celles du Royaume-Uni », estime le rapport. Alors que la Grande-Bretagne a interdit les farines animales dès 1988, la France n’a décrété un embargo sur ses farines qu’en 1989.

Les députés accusent par contre le gouvernement du Royaume-Uni de ne pas avoir « averti de façon appropriée ses partenaires commerciaux de l’infectiosité des farines de viande et d’os (FVO) » dès 1988. « Le gouvernement britannique avait le devoir moral de procéder à l’interdiction des exportations de ces farines ».

Sur le banc des accusés se trouve aussi l’organisation interne du ministère de l’Agriculture jusqu’en 1999, qui avait à la fois en charge les activités économiques et la sécurité sanitaire des aliments. « Le manque de transversalité a souvent été préjudiciable à l’efficacité de mesures mises en oeuvre », a regretté le rapporteur Michel Vergnier.

Après l’annonce des dix premiers cas humains de la maladie de Creutzfeldt-Jakob le 20 mars 1996 en Grande-Bretagne, le rapporteur socialiste a estimé qu’en France « la prise de conscience a été douloureuse ». Ce n’est qu’à cette date que « la santé publique est devenue une préoccupation majeure ».

Après avoir auditionné près d’une centaine de personnes, la Commission s’en prend enfin à certains Etats membres de l’Union européenne, dont l’Allemagne, qui « ont nié jusqu’à la fin de l’année 2000, contre l’évidence, la présence de l’ESB sur leur territoire ». « Cette attitude constitue une faute grave ».

Le 17 mai dernier, la commission d’enquête du Sénat avait dénoncé l« ‘attentisme » et la « réaction tardive » de l’Etat français entre 1988 et 2000.

Près de 100 personnes sont mortes du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (nv-MCJ) en Europe depuis 1995, une maladie attribuée à la consommation de viande bovine infectée par l’ESB.

Source : AP

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