France : deux inspecteurs du travail tués par un agriculteur

Bergerac (France), 3 septembre 2004 – Une information judiciaire a été ouverte samedi par le parquet de Bergerac après le meurtre de deux inspecteurs du travail jeudi à Saussignac (Dordogne), par un exploitant agricole.

L’information judiciaire est ouverte du chef d’« homicides volontaires sur personnes chargées d’une mission de service public », et assortie de réquisitions de mandat de dépôt, a-t-on indiqué de source judiciaire.

L’agriculteur, Claude Duviau, qui a tiré sur les deux inspecteurs du travail alors que ces derniers se présentaient dans son exploitation pour procéder à la vérification des contrats de travail des saisonniers chargés du ramassage des prunes, est toujours hospitalisé à Bordeaux.

Il avait tenté de mettre fin à ses jours après le double homicide et a subi deux interventions chirurgicales.

Le juge d’instruction Nathalie Larsabal devrait se déplacer à Bordeaux lundi pour l’interroger. Claude Duviau pourrait être mis en examen dans la foulée, a-t-on indiqué de même source.

Son audition permettra notamment d’éclaircir les raisons de son geste et d’étudier sa situation financière. Il avait été en effet placé en liquidation judiciaire, selon la même source, mais « apparemment », il avait trouvé un repreneur.

Selon sa femme, qui a été entendue, Claude Duviau était dans un état « normal », « un peu déprimé » toutefois.

Samedi a été pratiquée une autopsie des deux victimes. « Elle a confirmé les constatations faites sur le terrain », selon la même source. Daniel Buffière, salarié de la Mutualité sociale agricole a reçu une balle dans l’abdomen.

Quant à sa collègue Sylvie Trémouille, qui travaillait à la Direction générale de l’agriculture de Périgueux, elle a été atteinte dans le dos.

Les funérailles des deux inspecteurs devraient être célébrées la semaine prochaine. Un, voire des membres du gouvernement, pourraient y assister, a-t-on indiqué de source proche du dossier.

Des personnalités ou syndicats ont continuer à réagir, après ce double homicide, dont le président Jacques Chirac qui a écrit aux familles des deux inspecteurs pour leur faire part de sa « compassion dans la douleur ».

Soulignant que ces deux inspecteurs ont été tués « dans l’accomplissement de leur mission de contrôle », le chef de l’Etat s’est « associé au deuil » des familles et a assuré « partager leur peine ».

Après les réactions de la CFDT et de FO notamment, la CGT s’est déclarée « indignée » par le meurtre et a demandé l’ouverture de négociations sur les mesures permettant d’éviter de tels actes.

Quant à la CFE-CGC, qui a « exprimé sa compassion » à l’égard des familles, elle « rappelle que pouvoir accomplir son métier dans le respect des règles de sécurité régies par le Code du travail fait aussi partie des droits fondamentaux ».

Source : AFP

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