France : la FNSEA veut plus de contrôles sur les pratiques de la grande distribution agroalimentaire

Paris (France), 3 mars 2004 – Le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Jean-Michel Lemétayer, a réclamé que les contrôles dans la grande distribution soient « renforcés, sanctionnés et que les condamnations soient publiées », face à la dérive des marges arrière.

Les marges arrière sont des ristournes déguisées que les distributeurs obtiennent au titre d’une coopération commerciale réelle (mise en valeur d’un produit sur un rayon, présence dans un catalogue…) ou supposée.

« Nous demandons que les contrôles dans la grande distribution enseignes soient intensifiés, sanctionnés et que les enseignes soient contraintes de publier les condamnations, voire d’afficher celles-ci à l’entrée des magasins concernés », a déclaré M. Lemétayer lors d’une conférence de presse au salon de l’agriculture.

M. Lemétayer a affirmé qu’au vu du bilan du « PAC 40 », lancé en février 2003 par la FNSEA, son syndicat « avait raison de se battre » au sujet des pratiques commerciales de la grande distribution.

L’an dernier, les agriculteurs, souhaitant établir la vérité sur les prix des produits frais, avaient lancé une vaste opération de contrôle dans toute la France. Il s’agissait de faire un « PAC 40 », un panel de relevés de prix de quarante produits frais. Ces contrôles ont été effectués tous les deux mois.

Evoquant les 400 procès-verbaux dressés contre la grande distribution depuis 2003, M. Lemétayer a estimé qu’il était important qu’ils soient publiés car « si ces entreprises sont condamnées dans l’anonymat, elles paieront » sans sourciller au vu de « leurs gros moyens financiers ».

M. Lemétayer a déploré que l’engagement pris il y a plus d’un an par les distributeurs de stopper l’évolution des marges arrière n’ait pas été respecté.

Evoquant le « PAC 40 », le secrétaire général adjoint de la FNSEA, Pascal Coste, a indiqué que « c’était un outil de vigilance, une mine d’informations et qu’il fallait tenir la pression ». Ce panel permet de connaître les prix pratiqués par les enseignes pour un produit donné, un département, une région… Quelque 1.001 relevés ont été ainsi effectués dans 72 départements en une année.

Il en résulte qu’entre les prix payés à la production et ceux réglés par le consommateur, les montants sont parfois multipliés par 8, voire par plus de 11.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

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