France : la moitié des essais d’OGM détruite en 2004

Paris (France), 13 juin 2005 – La moitié des essais en plein champ d’organismes génétiquement modifiés conduits en France en 2004 a été détruite par des opposants aux OGM, a indiqué la Commission du génie biomoléculaire, lors de la présentation de son rapport annuel 2004 à la presse.

26 parcelles ont été arrachées par les opposants aux OGM en 2004, sur un total de 48 parcelles plantées en expérimentation (7,2 hectares), soit 54% des parcelles. Il s’agissait essentiellement de maïs (25 parcelles détruits sur 52) et d’un essai de café OGM en Guyane.

La Commission du génie biomoléculaire (CGB) est chargée d’évaluer les risques pour la santé publique et pour l’environnement des disséminations volontaires d’OGM, soit au titre de la recherche (essais en plein champ) soit pour la mise en culture.

11 nouveaux essais sont autorisés cette 2005 pour une surface maximale de 53 hectares, selon le ministère de l’agriculture, soit 7 fois plus qu’en 2004.

Parmi les 11 nouveaux essais figure en effet une expérimentation importante (20 hectares) de maïs OGM de Meristem Therapeutics, destiné à produire de la lipase gastrique.

Cette lipase doit tenter de traiter les malades de la mucoviscidose et sera administrée, lors de tests, à 100 ou 200 patients, pendant six mois, en 2006, avant une demande d’autorisation de mise sur le marché.

L’évaluation de ce dossier a été « particulièrement stricte », a souligné Marc Fellous, président de la CGB, pour qui le risque de fuite dans l’environnement est « nul ».

Les opposants aux OGM dénoncent le risque de pollution génétique d’autres plantes, notamment des champs d’agriculture conventionnelle et biologique voisins. Ils réclament le confinement des essais au laboratoire.

Une « journée de mobilisation contre les OGM » est organisée le 18 juin, à l’initiative d’une vingtaine d’associations dont la Confédération paysanne. José Bové, un de ses dirigeants, a prévenu en avril que si le gouvernement persistait à autoriser des essais en plein champ, les « faucheurs volontaires » repasseraient à l’action à compter du 18 juin.

Pour désamorcer le conflit, une mission parlementaire avait recommandé en avril une réforme de la procédure d’autorisation française dans le sens d’une plus grande transparence.

Les parlementaires proposaient notamment de créer un « Conseil des biotechnologies », avec deux sections, l’une purement scientifique et l’autre chargée d’examiner les risques et bénéfices des OGM pour la société, qui serait davantage ouverte aux associations (consommateurs, écologistes, etc).

Un projet de loi est en cours d’élaboration, qui doit à la fois réformer le cadre français et transposer deux directives européennes sur les OGM, avec presque 3 ans de retard (octobre 2002: directives 2001/18 et 98/81).

M. Fellous a indiqué n’avoir « aucune information » sur l’avancement de ce projet de loi.

Source : AFP

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