France : projet de loi sur les OGM d’ici 2 semaines

Paris (France), 21 octobre 2004 – Le contenu du texte du projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) que le président Jacques Chirac a annoncé à Murat (Cantal) sera « présenté d’ici deux semaines », a-t-on appris auprès du ministère de l’Agriculture.

Ce projet de loi, qui devra être transmis ensuite au Conseil d’Etat, concerne la transposition en droit français de deux directives européennes, ajoute-t-on au ministère de l’Agriculture.

La première directive concerne les essais OGM en laboratoire et la deuxième ceux en plein champ.

Le président Jacques Chirac a annoncé jeudi la préparation d’un projet de loi sur les OGM « qui vise à fixer un cadre clair pour les recherches et à transposer les directives communautaires applicables », rappelle-t-on.

Dans un discours sur la modernisation de l’agriculture, Jacques Chirac a souhaité que l’on aborde la question des OGM « avec objectivité, raison et sans a priori, ni passion déplacée ».

Interrogé par l’AFP, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) Jean-Michel Lemétayer s’est félicité de la position du président de la République.

« Cette position sur la recherche est la mienne. Il faut permettre aux scientifiques de travailler et aux politiques de décider », a déclaré le président du principal syndicat agricole français.

Pour M. Lemétayer adopter une telle position « ce n’est pas défendre la production d’OGM en France ».

De son côté José Bové, qui mène le combat contre l’introduction d’OGM en France, a affirmé à l’AFP que « l’intervention de Chirac n’était que de circonstance et dans l’argumentaire présenté il n’y a rien sur le fond ».

M. Bové, membre du bureau de l’organisation paysanne internationale Via Campesina et ancien porte-parole de la Confédération Paysanne, plusieurs fois traduit en justice pour avoir participé à la destruction d’expérimentations d’OGM, a souligné que de plus en plus de pays, notamment dans l’hémisphère Sud, refusaient les OGM comme « récemment le Mali ».

Le nouveau porte-parole de la Confédération Paysanne Jean-Emile Sanchez dénonce le « comportement du président de la République qui est autiste par rapport à la société cvile qui refuse les OGM ». « Malgré ce refus, on veut nous imposer les OGM dans les champs et dans nos assiettes », a déploré Jean-Emile Sanchez.

François Lucas, le président de la Conférence Paysanne, autre organisation minoritaire, dénonce « le décalage entre le discours et les actes » au moment où, selon lui, « les firmes qui vendent des semences de maïs ne veulent plus promettre aux paysans français que celles-ci soient complètement exemptes d’OGM ».

Les expériences menées en France sur des cultures et des arbres avec des semences génétiquement modifiées à des fins de recherche et de développement concernent en 2004 seulement 48 parcelles – dont 27 ont déjà été détruites par des manifestants anti-OGM – soit au total 7 hectares, selon la Direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Confédération paysanne
http://www.confederationpaysanne.fr/

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

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