France : une semaine de mobilisation contre les pesticides

Paris, avril 2006 – Une centaine d’associations se mobilisent jusqu’à la fin de la semaine contre les pesticides, leur impact sur l’environnement et la santé et présentent des alternatives pour enrayer leur consommation débridée.

« La France est le premier consommateur européen de pesticides, avec plus de 80 000 tonnes déversées chaque année, le troisième mondial après les Etats-Unis et depuis peu, le Brésil », remarque François Veillerette, président du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) à l’initiative de l’événement.

Regroupé sous l’ombrelle de l’Action citoyenne pour les alternatives aux pesticides (ACAP), le collectif d’associations organise plus d’une centaine de manifestations dans les régions, destinées aux professionnels comme aux jardiniers du dimanche et aux consommateurs, avec formations aux méthodes non chimiques, visites d’exploitations bio et conférences.

Dans un communiqué, le MDRGF, rappelle les « conséquences néfastes des pesticides sur l’environnement – pollution des eaux, des aliments ou de l’air – et sur la santé – augmentation de la stérilité, des cas de leucémies chez les enfants, cancers – qu’ils soient utilisés au champ, au jardin ou dans l’habitat ».

Les experts de l’INRA (Institut national de recherche agronomique) et du Cemagref (Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement), rappelle François Veillerette, « s’inquiètent de l’utilisation outrancière qui est faite de ces produits en France ».

D’après l’Institut Français de l’environnement (IFEN), des résidus de pesticides sont présents dans 75% des eaux superficielles et dans 57% des eaux souterraines.

Les promoteurs des événements veulent surtout faire entendre que de nombreuses alternatives, économiquement viables, existent: « Le Danemark, que nous citons depuis longtemps en exemple, a réussi en dix ans à diminuer par deux sa consommation de produits phyto-sanitaires et celle-ci continue de baisser », remarque François Veillerette.

Mais les jardiniers amateurs, qui ne sont soumis à aucune pression économique, devraient être les premiers à montrer l’exemple, estime-t-il en vantant les mérites des nombreux manuels de jardinage bio. D’autant qu’avoir des stocks de produits chimiques chez soi n’est pas sans danger.

« Le centre anti-poison de Lille indique que les accidents liés aux pesticides sont la troisième source de ses consultations, après les intoxications liées aux médicaments et celles dues au monoxyde de carbone », prévient-il.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Institut national de la recherche agronomique (INRA)
http://www.corse.inra.fr/

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