À l’extrémité d’un champ chez Philip Lanciaux, la pente s’accentue. De l’herbe bien touffue pousse entre les « cotons » du maïs-ensilage récolté un mois plus tôt. Il s’agit de ray-grass semé alors que le maïs était au stade de six à huit feuilles.
Quelque 200 m plus loin, dans un autre champ de maïs-ensilage, le sol est à nu. Les pluies de l’automne ont été plutôt douces, mais rapidement, nous repérons des traces d’érosion. « Ici, le ray-grass aurait retenu le sol », commente notre producteur en observant une longue trace de terre lavée par le ruissellement.
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Nous sommes sur une ferme laitière à Sainte-Herménégilde, près de Coaticook. Comme partout en Estrie, le terrain est accidenté et après la récolte de maïs-ensilage, les champs sont particulièrement vulnérables à l’érosion. Après trois années d’essais encadrés par le Réseau Agriconseils Estrie, le ray-grass en culture intercalaire s’avère une solution efficace et peu coûteuse.
Dans plusieurs régions du Québec, le ray-grass s’impose aussi comme culture de couverture et engrais vert dans le maïs-grain. Selon Daniel Brière, agronome chez Plant-Prod, jamais ne s’est-il semé autant de ray-grass qu’au printemps dernier, à tel point qu’il a été difficile d’obtenir de la semence de qualité.
Les bienfaits du ray-grass semé dans le maïs en postlevée sont nombreux : réduction de l’érosion, meilleure portance de la machinerie à la récolte et lors d’épandages de lisier, structure de sol améliorée, absorption de l’azote excédentaire et apport en matière organique. Ces avantages sont encore plus marqués dans le maïs-ensilage, puisque ce maïs est récolté plus tôt, sans laisser de résidus de culture au sol.
« Après la récolte de maïs-ensilage, le ray-grass se met à se développer rapidement. Le champ redevient vert », observe Marie-Andrée Audet, agronome et coordonnatrice du bassin versant de la rivière Coaticook.