Le maïs sera ensilé un mois plus tôt que l’an dernier

La maturité et la qualité seront au rendez-vous, mais le rendement sera variable

Le producteur laitier Claude Bergeron de la ferme Bergeroy de Saint-Samuel, au Centre-du-Québec, est content de son maïs. Dans la majorité de ses champs, les rendements en maïs ensilage seront bons cette année. Selon lui, il sera prêt une semaine plus tôt que normal en raison du semis plus hâtif au printemps.

En entrevue, l’agronome Annie Desrosiers de Pionneer, qui sillonne plusieurs régions du Québec, explique que le semis a certes été plus hâtif, mais c’est surtout la température chaude tout l’été qui a fait pousser et mûrir le maïs plus vite.

«Les nuits sont encore en haut de 10 degrés, dit-elle. Le maïs est une plante de chaleur. La plante pousse tout le temps.» L’an dernier, le maïs ensilage a été récolté deux semaines en retard, en plus d’un gel hâtif qui avait nuit à la qualité.

Cette année, c’est très différent. La récolte devrait avoir lieu un mois plus tôt que l’an dernier et deux semaines plus tôt qu’une année normale. Annie Desrosiers s’attend à ce que dans la partie plus chaude du Québec, dans le Sud-Ouest, la récolte de maïs ensilage débutera à la fin de la première semaine de septembre. Dans le Centre-du-Québec et plus à l’est, la récolte débutera durant la deuxième ou troisième semaine de septembre.

Agronome chez Semences Pride, François Montambault ne veut pas s’avancer sur une date, mais il est certain que cette année, il sera récolté plus tôt. En plus du semis hâtif et de la saison chaude, il y a aussi le fait qu’ayant été échaudés par un semis tardif et un gel hâtif l’an dernier, plusieurs producteurs ont semé des hybrides plus hâtifs cette année.

Selon ce gérant de territoire pour la Montérégie, il est important que les producteurs commencent à marcher leurs champs. Dans sa dernière visite de champs il y a une semaine, le maïs était rendu à la fin de stade pâteux. «On s’approche de la date d’ensilage», constate-t-il.

Il explique que lorsqu’on s’approche de la demi-ligne de lait, il faut commencer à faire des tests d’humidité. Dès qu’on est à 35% de matière sèche, c’est bon. «Cette année, ça va être une année très hâtive», dit-il.

Un producteur laitier a fait réagir sur Facebook jeudi dernier en montrant sa vidéo de récolte de maïs ensilage. Rejoint par texto, Patrick Allen de la ferme Jallen à Saint-Anselme au sud de Québec explique qu’ils ont voulu faire un essai.. «Nous avons fait qu’une seule boîte. Pour essayer des choses sur la fourragère», a-t-il dit. Le test d’humidité au Koster est sorti à 25% et le grain est au stade laiteux. Selon lui, il reste trois semaines avant la récolte.

Belle qualité

La qualité du maïs ensilage sera au rendez-vous. C’est la digestibilité qui sera bonne. «Ça risque d’être meilleur cette année à cause du stress hydrique», explique Annie Desrosiers. En raison de la sécheresse durant la croissance végétative, la plante s’est dépêchée à produire son épi et ses racines. La plante a déposé moins de lignine, ce qui améliore la digestibilité.

Elle croit que les producteurs qui ont des plants plus petits ne devraient pas s’inquiéter de l’énergie, même si les épis sont plus petits. Lorsque les plants sont plus petits, il y a moins de feuilles. La proportion de grains dans l’ensilage de maïs reste intéressante. «L’an dernier, on avait de la difficulté à avoir de l’énergie, se rappelle Annie Desrosiers. C’est surprenant de voir les épis que les plants ont faits cette année. Ils ont des grains jusqu’au bout. On pense qu’il n’y aura pas moins d’énergie que l’an dernier.»

Rendements

En entrevue, le producteur laitier Yvan Bastien, de la ferme Géobastien, de Sainte-Anne-des-Plaines, disait que le rendement était très variable cette année. Il a vu les deux extrêmes dans le même champ. Annie Desrosiers explique que c’est une réalité de cette année. Les rendements varient énormément selon la région, la municipalité, la ferme et selon le champ. Dans certaines régions, le rendement est impressionnant. De manière générale, le maïs n’a pas autant souffert d’un manque d’eau que les céréales.

La qualité et le rendement devraient donc être bons ou très bons. « Il reste à voir les conditions de récolte », dit Annie Desrosiers.

De son côté, Claude Bergeron calcule qu’il ne lui manquera pas de fourrages cette année. L’ensilage d’herbe sera suffisant. La première coupe a été à 70% d’une récolte normale et la deuxième coupe à 80%. La troisième coupe devrait être normale. Pour le maïs ensilage, les champs semés en semis-direct devraient donner moins de rendement, estimé de 15 tonnes à l’acre, alors que le maïs sur sol préparé a mieux levé. Le rendement est estimé à 20 tonnes à l’acre. «Je trouve qu’il est beau», dit Claude Bergeron.

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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