Grippe aviaire : les Pays-Bas enferment la volaille, l’Europe en alerte

La Haye (Pays-Bas), 19 août 2005 – Les Pays-Bas, où la grippe aviaire a décimé les élevages en 2003, ont été les premiers à décider d’enfermer les volailles, mais, à la veille des migrations d’oiseaux, toute l’Europe est sur ses gardes face à un virus potentiellement dangereux pour l’homme.

La Commission européenne a indiqué que les experts vétérinaires se réuniraient la semaine prochaine, jeudi selon le Luxembourg, pour faire le point sur la situation. Les Pays-Bas devraient alors expliquer leurs mesures aux autres Etats membres.

Quelque 5 millions sur un total de 80 millions de poules, canards et autres dindes néerlandais, ceux élevés en plein air, doivent être confinés à partir de lundi, a annoncé le ministère de l’Agriculture.

Cette décision vise à limiter les risques de transmission de la grippe aviaire pendant la période des migrations d’oiseaux, pour tenter d’éviter la propagation de l’épizootie qui sévit actuellement en Russie, au Kazakhstan et dans certains pays asiatiques.

En 2003, quelque 25 millions de volailles, soit le quart de la population avicole de l’époque, avaient succombé à la grippe aviaire ou avaient été abattues pour tenter de stopper l’épidémie. Les exportations avaient été interdites plusieurs mois durant.

Seule l’Allemagne évoquait un projet similaire à celui des Pays-Bas, qui entrerait en vigueur au plus tard le 15 septembre si le virus franchissait d’ici là l’ouest de l’Oural.

Les autres pays de l’Union européenne attendaient une éventuelle décision des institutions européennes.

En Espagne, où la majorité des poulets vivent déjà enfermés, « toute mesure préventive de ce type sera prise dans le cadre des institutions européennes », selon le ministère de la Santé.

Les 25 avaient interdit les importations de plusieurs pays d’Asie (Cambodge, Chine, Indonésie, Laos, Malaisie, Corée du Nord, Pakistan, Thaïlande, Vietnam), ajoutant le 8 août à leur liste la Russie et le Kazakhstan, à dater du 12.

La Suisse les a imités, précisant toutefois que « le risque est faible » d’une contamination par des oiseaux migrateurs, les volatiles malades ne parvenant pas jusqu’à la Confédération.

L’Italie, qui dispose d’une législation très stricte depuis une dramatique épizootie à la fin des années 1990, se sent protégée.

Nombre de pays européens n’ont pour l’instant que relancé l’information aux professionnels du secteur (Belgique, Autriche, Lituanie), la République tchèque ou l’Estonie estimant la surveillance actuelle suffisante dans des pays où l’élevage se fait en intérieur. La Croatie a, quant à elle, recommandé aux fermiers d’essayer d’éviter les contacts entre les volailles de ferme et les oiseaux sauvages…

Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a émis jeudi soir une nouvelle mise en garde, estimant que la propagation du virus H5N1 « suscite l’inquiétude car elle créé de nouvelles possibilités d’exposition de l’homme ».

L’OMS soulignait que « la densité des volailles et les modes d’élevage pratiqués dans certains pays » pouvaient aussi avoir une influence sur une possible transmission à l’homme.

Le virus H5N1 a entraîné 61 décès d’êtres humains depuis 2003. Il est actuellement incapable de se transmettre facilement d’homme à homme, mais une mutation ou un réassortiment génétique (échange de gènes avec un virus courant de la grippe humaine par exemple) pourrait provoquer une pandémie.

Aucun vaccin n’a encore été mis au point, mais des recherches sont en cours.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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