Grippe aviaire : l’UE prête à augmenter les aides aux éleveurs

Bruxelles (Belgique), 29 mars 2006 – La Commission européenne, mise sous pression par certains Etats membres comme la France et l’Italie, a proposé de nouvelles aides communautaires aux éleveurs de poulets confrontés à la chute de la consommation d’oeufs et de volailles due à la grippe aviaire.

Pour le commissaire européen à l’Agriculture, Mme Mariann Fischer Boel, citée dans un communiqué, il n’est « plus possible de répondre à cette situation sans précédent en usant des moyens existants ».

Bruxelles propose de puiser sur les fonds communautaires pour cofinancer avec les Etats membres concernés 50% de « mesures exceptionnelles » qui seraient décidées pour compenser de « graves perturbations du marché directement liées à une perte de confiance des consommateurs ».

Pour Mme Fischer Boel, la mesure la plus « rationnelle » consisterait à « indemniser les éleveurs » qui réduiraient leur production. Mais il reviendra à chaque gouvernement de définir le dispositif qu’il entend mettre en place chez lui et à en demander le cofinancement à la Commission.

Bruxelles examinera alors chaque plan au cas par cas.

Pour ces nouvelles mesures, aucun « budget » spécial n’a été prévu, a expliqué le porte-parole de Mme Fischer Boel, Michael Mann, précisant que « tout dépendrait » de ce que proposeront les pays.

Actuellement, des aides communautaires aux éleveurs ne sont possibles qu’en cas de « restriction à la libre circulation » des animaux imposée pour éviter la propagation d’une épizootie, quand par exemple un embargo est décidé après l’apparition d’un foyer de grippe aviaire dans une région.

Or à l’heure actuelle, la grippe aviaire n’a été détectée que dans deux élevages en Europe, dans un département du centre-est de la France, l’Ain, et dans le sud-est de la Suède.

Ces situations restent donc marginales et aucun outil spécifique n’est prévu pour l’immense majorité des exploitations, qui ne sont pas touchées par un embargo mais par la crise de confiance des consommateurs.

L’apparition du virus H5N1 de la grippe aviaire en Europe a entraîné une baisse de la consommation dans plusieurs pays membres dès l’automne dernier. En Italie, la baisse était de 50% début mars, après avoir atteint un pic de 70%.

Début mars toujours, la France affichait une réduction de 30% de la consommation de volailles par rapport à la même période de l’année précédente, et l’Allemagne de 20%.

Jusqu’ici, la Commission n’a contribué au soutien de la filière avicole qu’en augmentant les subventions à l’exportation versées aux éleveurs pour faire face à la chute des cours mondiaux du poulet.

La proposition faite mercredi par l’exécutif européen doit encore être examinée, pour simple avis, par le Parlement européen, a priori la semaine prochaine à Strasbourg, et par les ministres de l’Agriculture des 25, cette fois pour approbation formelle, le 25 avril à Bruxelles.

Au cours de leur dernière réunion, le 20 mars, plusieurs ministres européens avaient eux-mêmes pressé la Commission de présenter des mesures supplémentaires d’aides au secteur avicole. Certains lui avaient même reproché de ne pas avoir agi plus tôt.

Le ministre français de l’Agriculture, Dominique Bussereau, notamment, avait ainsi regretté « un peu de retard à l’allumage » du côté de l’exécutif européen.

Source : AFP

Commentaires